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A la recherche du royaume de Irène Frain et J.Rock

A la recherche du royaume de Irène Frain et J.Rock

Je suis une inconditionnelle de Irène Frain.

J’ai passé d’excellents moments avec ce livre très dépaysant et passionnant qui me correspond bien car elle y cherche.. Et chercher, découvrir, j’aime cela.

Je me suis donc laissée embarquer dans sa recherche du journaliste, photographe, érudit, botaniste autrichien Joseph Francis Rock.

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 Je les ai accompagnés – elle a travaillé avec son mari François Frain – dans leurs périples en Ecosse, en Autriche, en Chine.. dans les plaines du Sud de la Chine jusqu’aux lamaseries du Tibet oriental, perdues à près de cinq mille mètres d’altitude, au bord du lac Kokonor jusqu’aux vallées du royaume de la  toute-puissante « Reine des Goloks » que Rock avait si longtemps poursuivie. J’y ai retrouvé Alexandra David-Néel, le Tibet, la Chine.. J’ai peiné avec eux, me suis réjouie, fut saisie d’ivresse lors des rencontres des lieux où restent imprégné l’esprit de Rock. J’ai visité sa maison à Nguluko, tenté d’apercevoir la Montagne du Dragon de Jade. J’ai souhaité souvent faire partie de l’expédition.

A la recherche du royaume avec Francis Rock et la reine des Goloks

Ce livre est l’esquisse et les premiers contours de la saga : Au royaume des femmes.  Il me tarde de m’y plonger.

                                                                         Francis-Rock-Tibet    John francis-Rock-pays-des-Goloks-Choni

Joseph Rock with the Prince of Choni, originally uploaded by jiulong.

Comme Irène Frain, je me suis vite attaché à cet homme, j’ai bel et bien attrapé une rockite !  Joseph Francis Rock journaliste du célèbre  magazine « National Geographic » est un très grand aventurier – ces expéditions datent des années 1920. Très fantasque, très secret – beaucoup de pages blanches dans sa biographie- passionné et original, érudit au caractère épouvantable, sujet à d’effroyables colères, courageux et téméraire, bravant le climat très rude, les bandits de grands chemins, exquis mélomane, je l’imagine plongé dans son bain par une température extérieure proche de zéro, sa baignoire gonflable Abercombie§Fitch posée dans ce décor grandiose de la montagne Amné Machen, sirotant du vin, se réjouissant le coeur en écoutant Caruso sur son vieux gramophone pendant qu’un tafelspitz mijotait sur le feu… ou déjeunant, table dressée face à un magnifique payasage, avec argenterie sur une nappe de lin amidonnée. Une pensée pour les douze Na-khis boys porteurs de tout ce matériel ! Il était d’une élégance parfaite, en toutes circonstances : manteau croisé, derby ultra-ciré et fedora sur la tête. Un personnage, vous dis-je.

 John francis-Rock-pays-des-Goloks-Choni

Joseph Rock on horseback, originally uploaded by mutikonka.

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Tibetan, Nu and Naxi porters carry Joseph Rock’s gear at the Sila pass, NW Yunnan, between the Mekong and Salween (Nujiang) rivers, originally uploaded by jiulong.

De 1922 à 1949, Rock a vécu trente-cinq ans de sa vie en compagnie des Naxis. Il s’est passionné pour leur culture, a sauvé leurs rituels, légendes, manuscrits et déchiffré leur écriture. Sans lui, ce patrimoine unique aurait sombré.

Il fut conscient que la guerre civile chinoise allait détruire ce patrimoine mondial de l’humanité

Il semble que Rock soit aussi à l’origine de «  Shangri-la » de James Hilton, la légende de cette vallée  paradisiaque perdue dont les habitants ne vieilliraient jamais.

Un des grands exploits de Rock comme botaniste, est d’avoir sauvé une pivoine unique et qu’on n’a plus trouvée ensuite nulle part, la« Peony rockii and Gansu Mudan ».

Ce fou d’environnement et de nature bien avant l’heure,  collecta dans un jardin du Prince de Choni de la lamaserie Zhuoni à 2788 m où fleurissaient ces fleurs, des graines d’une pivoine blanche à coeur pourpre et pétales simples. Il ne l’avait jamais vue auparavant. Rock expédia in petto, ces graines chez des botanistes de Kew et d’Edimbourg en Angleterre et à l’Université d’Harvard pour qui il travaillait. Cette pivoine était inconnue et tous les botanistes furent fascinés. Depuis, nul ne revit cette pivoine dans son environnement d’origine. 

Il avait compris avant tout le monde l’étroite connexion entre le milieu écologique, la médecine,  la spiritualité et la linguistique. Je remercie Irène Frain pour m’avoir fait connaître ce personnage incompris en son temps, un précurseur phénoménal.

Sources des photographiesIN THE FOOTSTEPS OF JOSEPH ROCK , un blog absolument fantastique

 

PLK

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Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

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