Une lecture très émouvante… et pourtant ce n’est pas le premier livre sur le sujet.
L’auteur retrace ce que j’oserai appeler l’épopée spectaculaire, l’évasion – et plusieurs tentatives échouées- de Paul, son grand-père et Robert, son oncle, en mars 1943. Le récit est reconstitué grâce aux témoignages de son grand-père qui avait alors quinze ans et des archives, écrit quatorze ans après le décès de Paul.

Le roman est composé à 80 % de faits réels et à 20 % de fiction, précise l’auteur.
Ils étaient 13, prêts à tout tenter : Hugues Steiner, Jacob Reymann, Léon Foucksman, Bernard Rozenberg, Sacha Benno Breslerman, Pierre-Jacques Braunschweig, Gilbert Koffmann, Angelino Schwarzwald, Jean Kotz et Josek Goldberg. Ce sont tous des héros, admirables mais qui resteront fracassés. J’ai beaucoup d’admiration pour le charismatique Sylvain Kaufmann en particulier, son admirable humanité et son don de soi exceptionnel.
J’ai aimé ce récit choral – chacun raconte du côté de sa lorgnette – où la fraternité subsiste malgré la barbarie ignoble qui les entoure, le collectif est présent. C’est époustouflant de découvrir dans ce sombre monde, cette humanité, cette amitié entre les affligés.
Le camp de Drancy, décrit comme le « plus grand ghetto de France » est au centre de l’histoire.
L’écriture est journalistique, pudique, froide ce qui va bien au sujet, le lecteur est seul face aux mots et l’horreur des situations. Le rendu est très factuel et haletant. L’épilogue confie ce qu’ils sont devenus.
Ce livre n’est pas qu’un récit, il est aussi source de questionnement, de transmissions.
J’ai ressenti aussi de la colère, du dégoût et de la honte face aux comportements de certains, surtout en juxtaposition de l’héroïsme des autres. Délations, veuleries, indignités, méchancetés gratuites, sadisme, barbarie… Je sais que dans ces moments où l’histoire broie tout, nous ne pouvons prévoir ce qu’aurait été notre propre conduite.
Ce livre laisse des images fortes en tête. Ne jamais oublier.
Les évadés du convoi 53 de Benjamin Fogel
304 p – 2026 – Gallimard































