Un épisode peu connu de notre Histoire : la villégiature – prisonniers ou réfugiés ? – du gouvernement de Vichy, de septembre 1944 où Paris fut libérée à avril 1945. Le château du Prince de Hohenzollern en Bavière-Bade-Wurtembourg où la guerre n’a pas encore pénétré, fut réquisitionné par Hitler pour y installer Pétain, le Président Laval et leurs suites devant l’avance des forces alliées. Ce petit monde ne se côtoie pas car ils s’insupportent. Chacun son étage, chacun ses privilèges.

Julius Stein le majordome général très dévoué, Allemand francophile est un narrateur très digne. En observateur au plus près, il raconte cette tragi-comédie historique.
L’auteur s’est beaucoup documenté, en témoigne la liste des sources.
On croise aussi le docteur Destouche alias Celine, son épouse et son chat Bébert, Doriot, Rabatet, de Brion, Darnand, Bonnard.. Une galerie de personnages collaborateurs peu sympathiques, qui bien qu’ils ne soient plus rien, se croient encore ce qu’ils ne sont plus et prennent de grands airs, ils sont ridicules dans leur déni.
La bluette entre Julius et Mademoiselle Wolfermann, responsable du personnel français n’apporte que peu de choses.
J’ai beaucoup aimé le lien entre Julius et la musique. J’ai apprécié les coulisses avec la vision de ce microcosme de la domesticité toujours très professionnelle et digne, si attentive aux besoins de chacun mais aussi ses regards un peu critiques et aussi plein d’humour.
Quel plaisir de retrouver cette écriture qui magnifie le roman. Même si j’ai trouvé quelques longueurs, j’ai découvert cette sombre page de l’exil de ce gouvernement de guignols qui ont fait tellement de mal, avec grand intérêt, par le petit bout de la lorgnette.
Pierre Assouline, une valeur sûre.
Sigmaringen de Pierre Assouline
368 p – 2014 – Gallimard






























