Ce très court ouvrage est une bergamote ! Si, si !
Un soir, Paris occupé, 1942. Claire, 17 ans, dactylo, attend son chef de réseau Jean, nom de code « Blanche », qu’elle aime en secret. Elle tape à la machine tous les soirs ou presque ce que lui dicte cet homme : Les feuilles volantes. Et ce soir, il est en retard. Elle craint le pire. Les consignes sont pourtant très claires (sans mauvais jeu de mot) : en cas de retard de plus de trente minutes, quitter la cache immédiatement. Mais, au lieu de cela, elle s’invente une vie imaginaire. Elle écrit la femme qu’elle ne sera pas, la vie qu’elle aurait aimé avoir avec cet homme, les vacances, les enfants, des touches de vie.
« 𝗠𝗮𝗶𝘀 𝗷𝗲 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲 𝗹à, 𝗷𝗲 𝗱é𝗰𝗵𝗶𝗳𝗳𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗯𝗿𝘂𝗶𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗿𝘂𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗲𝗻 𝗯𝗮𝘀. 𝗦’𝗶𝗹 𝗮 é𝘁é 𝗽𝗿𝗶𝘀, 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗺’𝗲𝗻𝗳𝘂𝗶𝗿 ? 𝗤𝘂𝗲 𝗺𝗲 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲𝗿𝗮𝗶𝘁-𝗶𝗹 ? 𝗝𝗲 𝗹’𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝗱𝘀. 𝗤𝘂’𝗼𝗻𝘁-𝗶𝗹𝘀 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝘂𝗶 ? 𝗝’é𝗰𝗿𝗶𝘀 𝗹𝗮 𝘃𝗶𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗻’𝗮𝘂𝗿𝗼𝗻𝘀 𝗽𝗮𝘀. »

Pour tout dire, au début, cette double temporalité rêvée m’a un peu désarçonnée. Puis la magie de l’écriture agit, éblouit, bouleverse.
C’est subtil, poétique, raffiné, élégant. Les émotions sont parfaitement transcrites, l’urgence aussi…
En filigrane, ce livre nous offre une approche intime des femmes et hommes de l’ombre, le réseau, les compagnons, les arrestations.
J’ai lu que Timothée de Fombelle était aussi un auteur jeunesse. Super, j’adore lorsque les bons auteurs écrivent pour les plus jeunes. A suivre, à lire. Je vais commencer par 𝑱𝒆 𝒅𝒂𝒏𝒔𝒆 𝒕𝒐𝒖𝒋𝒐𝒖𝒓𝒔, petite pièce de théâtre monologue de 38 pages. En règle générale, le roman est adapté pour le théâtre. Ici, c’est inverse : une pièce que son auteur a transformé en roman : 𝑱𝒆 𝒅𝒂𝒏𝒔𝒆 𝒕𝒐𝒖𝒋𝒐𝒖𝒓𝒔 devient 𝑳𝒂 𝒗𝒊𝒆 𝒆𝒏𝒕𝒊è𝒓𝒆.
La vie entière de Timothée de Fombelle
80 p – 2026 – Gallimard
































Mais pourquoi une bergamote ?
je suis originaire de Nancy et une de ses spécialités est la bergamote. Un livre que j’ai aimé.. une douceur acidulée