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Madame Claude Pompidou (2)

Madame Claude Pompidou (2)

Claude-Pompidou

Les Pompidou, un couple éperdument amoureux

Il lui fit la cour en lui déclamant des poèmes durant des après-midis entiers- offrait une image de modernité et de charme. L’humour étant aussi une caractéristique de leur duo. Georges Pompidou était très fière de sa femme. Claude Pompidou-13/11/1912- 3/07/2007– était une bohème, éprise de liberté.

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Claude Pompidou, une première dame de grande classe 

Cette très grande femme – elle mesurait environ 1m80- très mince, représenta la France avec une grande distinction. Elle fut aussi très active. Après Yvonne de Gaulle appelée familièrement tante Yvonne qui n’avait rien d’une femme fruste sortie de son village, mais qui avait décidé de rester à l’écart de la scène publique et fut une première dame discrète paraissant si austère (1). Claude Pompidou échappa à cet hiératisme. 

Claude Pompidou symbolise les années seventies flamboyantes

Claude Pompidou partageait avec son époux, une passion pour le design, en plein essor dans les années 1960.  

Elle encouragea son mari à mettre le Palais présidentiel à l’heure de la création contemporaine : Pierre Paulin dessina pour eux, le mobilier de la salle à manger, du fumoir, du salon orné de toiles de Kupka et Delaunay et de l’antichambre au décor à effet cinétique de rayures colorées de Yaacov Agam.

Quel choc de modernité ! «Les années Pompidou sont celles d’un souffle résolument moderne, décalé, chic, coloré qui va du salon Agam et du style Courrèges à Vasarely et Martial Raysse peignant le portrait de ­Bernadette Lafont à la mouche. Peu à jeter !», résume le sémillant Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne (MNAM).  

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Vue de la salle à manger de l’Elysée créée en 1972 pour le Président Pompidou par Pierre Paulin. © Olivier Amsellem.
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Le fumoir de l’Élysée créé par Pierre Paulin, vu en 1974. Crédits photo : STF/AFP
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Salon des tableaux, 1971, P. PAULIN.
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Salon de l’Elysée, 1971, P. PAULIN.

 Ils ont préférés le quai de Béthune, sur l’île Saint-Louis, au «château» qu’elle l’appelait « la maison du malheur » où elle détestait vivre. Elle invitera toutes les personnalités des arts et du design. Madame Pompidou – Bibiche pour son époux- reçut Yves Saint Laurent, Chanel, Pierre Paulin, Françoise Sagan, Alechinsky ou Bernard Buffet, Giacometti, tous des amis.                        

 Ambassadrice de la Haute-Couture française.

D’une très grande élégance, elle porta autant de modèles Haute- Couture – Chanel, Laroche, Dior- que de prêt-à-porter – Courrèges, Cardin.  Lors d’un voyage officiel avec son mari aux États-Unis, en mars 1970, elle aurait tout de même emporté trente-deux tenues de grands couturiers et huit chapeaux ! Elle apparaît régulièrement dans les magazines féminins dans des tenues à la mode. Tant et si bien que le journal américain « Look » lui décernera le label de la « première dame la plus distinguée d’Europe » en 1970.                                                                                                                                                 

  Claude Pompidou

 

 Claude Pompidou

En mai 1972, Georges Pompidou reçoit cinq jours sa Majesté à l’Elysée. Nous avons frôlé le crime de lèse-majesté lorsque le Président saisit le bras de Lisbeth pour l’aider à gravir les marches de l’Elysée..

 Claude Pompidou

Elle a tout connu : l’amour, la gloire, l’argent, les honneurs, la tragédie, mais aussi la calomnie. Elle fut beaucoup moquée, trainée ignominieusement dans la boue. Elle fut incomprise et mal aimée par la presse. Le Canard enchaîné ne la surnommait-il pas « Reine Claude » ou « madame de Pompidou » ?

Elle en a énormément souffert, Georges Pompidou aussi. Chose incongrue, elle devint une icône, à la mort de son époux et fut encensée lors de son décès. Que le monde est versatile !  Est-ce aussi pour cela que singulièrement, je sais précisément ce que je faisais lorsqu’elle est décédée..

Elle était d’une grande culture et d’une intelligence très aiguisée.

Je l’admire beaucoup car elle a tenu et réussi à ne pas se renier et en même temps à être totalement l’épouse de président, présente mais nullement égérie. Elle fut une femme moderne, bien de son époque. Elle a porté un grand intérêt à toutes les formes d’expression artistique tant abstraites que figuratives, modernes ou contemporaines. Elle partagea avec tous, sa passion pour l’art moderne, en en assurant même la promotion et la pérennité. Elle s’est consacrée à de nombreuses associations – Fondation Guggenheim, Kandinsky, Amis de Brancusi. J’aime beaucoup cette photographie- ci-contre- dans cette tenue beige-marron, résolument moderne, tellement représentative de cette époque avec cet imprimé géométrique. Elle fut une grande sportive, tenniswoman et férue de natation.

Elle était de tous les défilés et expositions, grands dîners du Tout-Paris,  galas, paraissant aimer évoluer dans le faste et le bling-bling dirait-on aujourd’hui, sous le feu des projecteurs. Alors qu’elle était très pudique et très réservée, ce qui fut interprété souvent comme du dédain. 

Encouragée par le fondateur de Publicis, Marcel Bleustein-Blanchet, Claude Pompidou crée sa fondation éponyme, reconnue d’utilité publique, destinée à venir en aide aux personnes âgées, aux malades hospitalisés ainsi qu’aux enfants handicapés dont elle se préoccupa toute sa vie. 

Elle fut une femme de cœur, d’une grande tolérance et respectueuse de tous, qui sut se mettre au service des autres, surtout grâce à sa fondation. Elle avait fait sienne, cette phrase de Descartes (2) : « C’est proprement ne valoir rien que de n’être utile à personne ». Une très grande dame.

Les années Georges Pompidou (1)

Source: “Claude Pompidou l’incomprise” Par Aude Terray – Fondation Claude Pompidou – Miroirs d’artistes

  1. Elle fut en vérité assez moderne. Ainsi à la fin des années soixante, elle plaida en faveur de la contraception auprès de son mari, hésitant voire réticent sur le sujet. Paradoxalement, Lucien Neuwirth, promoteur de la pilule, n’eut pas de meilleur soutien que Madame de Gaulle que la naissance de sa fille Anne atteinte du syndrome de Down, avait amenée à évoluer sans renier ses principes.2. Extraite du “Discours de la méthode”

Madame Claude Pompidou (2)
PLK

PLK

Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

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