Le 18 mai 1843, une crise religieuse survient en Écosse. 450 ministres de l’Église presbytérienne d’Écosse font sécession, suivis par 40 % de leurs fidèles. Ils fondent 𝙡’É𝙜𝙡𝙞𝙨𝙚 𝙡𝙞𝙗𝙧𝙚 𝙙’É𝙘𝙤𝙨𝙨𝙚. Ils protestent contre le rôle joué par les propriétaires terriens dans la nomination des ministres du culte. John Ferguson est un de ces prêtres dissidents. Marié à Mary, sans enfants, il se retrouve fort dépourvu puisqu’il a perdu son salaire d’officiant.

Pourquoi ce titre ? La référence est historique car elle rappelle le contexte des « 𝗛𝗶𝗴𝗵𝗹𝗮𝗻𝗱 𝗰𝗹𝗲𝗮𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲𝘀 », une politique de déplacements forcés de paysans par de gros propriétaires terriens pour l’élevage intensif de bétail.
Dans ce contexte, John va accepter une mission périlleuse – et peu chrétienne – moyennant une belle rémunération : il va s’embarquer pour signifier à Ivar, un robuste gaillard, sorte de Robinson, qui vit avec sa jument, sa vache et quelques moutons, et parle une langue oubliée – le Norde – sur une île perdue et inhospitalière située entre les Shetlands et la Norvège.
Un roman rude, un drame psychologique, une écriture sobre, percutante, contemplative et poétique, un contexte historique assez méconnu, trois personnages très attachants – j’ai beaucoup aimé Mary, femme moderne et intelligente.
La narration alterne avec l’éclairage de chaque protagoniste.
J’ai aimé la mise en avant de la nature sauvage et implacable, battue par les vents et du très rustique, brutal et rugueux style de vie d’Ivar, la précieuse théière. Mais surtout, ce qui m’a enchantée, c’est l’apprentissage de la langue de son hôte, dont Ferguson découvre la richesse poétique, et son petit carnet où il retranscrit consciencieusement les nuances de chaque mot.
Il est aussi question de création du lien, amitié, exil, conditions de la femme, linguistique, solitude, foi.
La fin est un peu cucul la praline, semble peu dans la veine du roman humaniste. Il m’a manqué un peu de complexité…
Quel beau roman ! Prix du meilleur livre étranger 2025. Une bien belle lecture.
Eclaircie de Carys Davies
177 p – 2025 -Editions de La Table Ronde






























