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Camille, mon envolée de Sophie Daull

Camille, mon envolée de Sophie Daull

Je referme délicatement ce journal émouvant, bouleversant, les yeux secs et le cœur en vrac. Un livre que je n’oublierai jamais.

Si quelqu’un perd son conjoint, il est veuf ou veuve, s’il s’agit de ses parents, il sera dit orphelin ou orpheline. Mais il n’existe pas de vocable pour dire qui a perdu son enfant… Parce que c’est inconcevable ? Et pourtant…

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Camille, 16 ans, a mal à la tête, elle a beaucoup de température… Elle va être emportée en quatre jours par une fièvre foudroyante, le 23 décembre 2014. Le 9 janvier 2015, Sophie Daull a commencé à écrire. Pour ne pas l’oublier. Pour prolonger sa relation « exclusive » avec sa fille unique.

Difficile à chroniquer. L’auteure alterne de court chapitre des quatre jours qu’elle raconte à sa fille et sa vie d’après. Cette lettre a très certainement des vertus cathartiques, mais pas que. Écrire pour rester debout. Elle s’adresse à sa fille en lui disant « tu », elle lui raconte tout. Elle parvient même à avoir de l’humour ! Quelle force ! Elle décrit le chaos dans lequel sombre la famille. Ce n’est pas larmoyant, c’est une magnifique déclaration d’amour maternel. Un joli texte littéraire, Sophie Daull a une belle plume.

« […] 𝒿𝑒 𝓃’𝒶𝒾 𝓆𝓊’𝓊𝓃𝑒 𝑒𝓃𝓋𝒾𝑒, 𝒸’𝑒𝓈𝓉 𝒹’ê𝓉𝓇𝑒 𝒶𝓋𝑒𝒸 𝓅𝒶𝓅𝒶 𝑒𝓉 𝒹𝑒 𝒸𝑜𝓃𝓉𝒾𝓃𝓊𝑒𝓇 à é𝒸𝓇𝒾𝓇𝑒 𝒸𝑒 𝓉𝑒𝓍𝓉𝑒. 𝒟’ê𝓉𝓇𝑒 𝒶𝓋𝑒𝒸 𝓉𝑜𝒾, 𝒹𝑜𝓃𝒸. ℰ𝒸𝓇𝒾𝓇𝑒 𝒸’𝑒𝓈𝓉 𝓉𝑒 𝓅𝓇𝑜𝓁𝑜𝓃𝑔𝑒𝓇 ».

Les personnages sont attachants, le lecteur se représente bien la jeune Camille, la relation avec ses parents, sa tante, ses amis…

Sophie Daull est comédienne, vit à Montreuil. J’ai lu qu’elle a déjà vécu en 1985, un drame avec l’assassinat de sa maman dans des conditions abominables. Je ne sais pas comment elle surmonte tout ça.. Elle dit que cette perte la préparait à celle de sa fille…
Surtout ne pas s’identifier..
L’avez-vous lu ?

Camille, mon envolée de Sophie Daull

192 p – 2015 – Editions Philippe Rey

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PLK

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Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

2 Comments

    1. je comprends tes craintes; c’était le coté voyeur que je redoutais. et bien non, aucun pathos… une déclaration d’amour d’une mère à sa fille

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