Une fresque du nassérisme, du nationalisme et socialisme arabe et panarabiste.
1964 – Nous sommes à Alexandrie. Gamal Abdel Nasser gouverne le pays depuis 1956, et une dictature est bien installée.

Nous suivrons un petit groupe d’amis cultivés : Chantal Lemaitre, française détentrice de Balzac l’unique librairie française de la ville, Tony Kazzan, d’origine grec, créateur d’une chocolaterie prospère, Abbas, avocat talentueux et son épouse Noah, Anas el-Saïrafi, portraitiste de rue un peu illuminé, Lyda, la propriétaire du très chic restaurant Artinos qui n’aime pas la politique et Carlo Sabatini, italien d’origine, maître d’hôtel du bar, beau comme un Dieu, plus électrisé par les femmes mariées que par la politique.
Ils forment le groupe « Caucus »- mot américain qui signifie « rencontres périodiques de gens partageant les mêmes préoccupations politiques » . Ils se retrouvent toutes les nuits dans le bar, et refont le monde..
Et puis, l’étau se resserre… Les pièges se mettent en place..
D’autres personnages secondaires ont leur importance : Adli le mauvais garçon, Galil le comptable – son questionnement est très intéressant- , Neamet la danseuse, le colonel Selim.
Tous les personnages du groupe Caucus sont très attachants, magnifiquement campés. Beaucoup d’émotions s’en dégagent.
On retrouve dans ce régime nasserien, tous les ingrédients d’un régime autoritaire : la propagande, le culte de la personnalité, la méfiance des étrangers, confiscation des biens, censure, la délation, la théorie du complot, arrestations arbitraires, emprisonnement, expulsions du pays, embrigadements.
Un roman choral très agréable à lire, très instructif et qui suscite la réflexion.
La fin est un peu trop ouverte. J’aurais aimé connaitre le devenir de Carlo…
Au soir d’Alexandrie d’Alaa El Aswany
480 p – 2026 – Actessud































