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Parlez-moi de soleil

Parlez-moi de soleil

2013-05-163615MaVieEtéSpleen1764Views2Comments

Je me suis surprise à parler du temps ! Enfin, de la pluie et du mauvais temps ! Comme ça, sans préambule ! Ce que je ne fais généralement pas. Certes, le manque de soleil et de luminosité me pèse mais je me questionne. N’ai-je pas de sujet plus passionnant à évoquer ?  Pourquoi me contenté-je de ce sujet si bateau ? Pourquoi parler du temps qu’il fait ?

Suis-je devenue subitement météomaniaque ?

Je ne regarde même pas les prévisions météorologiques contrairement à  huit Français sur dix qui s’informent quotidiennement du temps qu’il va faire.

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Moult chercheurs, anthropologues et ethnologues s’accordent à dire que ce rituel est utile. Il parait qu’au pays de la gracieuse Lizbeth, ses sujets réputés peu expansifs sont les champions de ce small talk : Les Britanniques parlent de la météo  au total 49 heures chaque année… il pleut si souvent en Angleterre..   Est-ce le mauvais temps qui exacerbe cette mise en conversation sans intérêt ?

Pourquoi parler de la pluie et du beau temps ?

Les discussions sur la pluie et le beau temps se justifient par la nécessité immédiate d’avoir un sujet de conversation. Les linguistes parlent de la « fonction phatique » du langage, laquelle permet de créer un contact avec son interlocuteur — comme lorsqu’on dit « Allô ? »- (1), c’est-à-dire une « sorte de langage par lequel les attaches d’une union sont créées par un simple échange de mots ». Parler de la pluie et du beau temps est par excellence le sujet de conversation consensuel qui satisfait notre envie de contact et notre désir de communiquer en découvrant que l’autre a les mêmes impressions que nous.. Difficile d’échapper à ce sujet ! La pluie et le froid monopolisent les conversations … Parler cumulus, grêle, Saints de glace,  « il n’y a plus de saison » , c’est le présent et l’avenir à court-terme : une temporalité parfaite pour éviter les sujets fâcheux, c’est être certain du consensus.

femme-sous-la-pluie
Illustration de Carole Monster, rendez lui visite, c’est intéressant

Le philosophe Emmanuel Lévinas écrivait dans Totalité et Infini « Il est difficile de se taire en présence de quelqu’un ; cette difficulté a son fondement ultime dans cette signification propre du dire quel que soit le dit. Il faut parler de quelque chose, de la pluie et du beau temps, peu importe, parler, répondre à lui (autrui) est déjà répondre de lui. ». C’est donc cela.. L’embarras à rester silencieux devant autrui qui nous fait évoquer les cumulus nimbus et autres stratus, les averses, les giboulées qui sont précoces, le printemps qui n’est plus ce qu’il était, le « on se croirait à la Toussaint » d’une collègue ce matin ?

Je reste persuadée que ces explications ne sont pas valides dans mon cas.

J’exprime mon envie de soleil

Il semble aussi que nous considérions l’été, le soleil, la chaleur comme une récompense, un eldorado. Le soleil est synonyme de plaisir, de bon temps, d’apéritifs festifs en terrasse, de fêtes dans le jardin, d’amitiés partagées, de vacances, le farniente au soleil, concerts en plein air, de balades à bicyclette – non, pas avec Paulette –  où nous prenons le temps de vivre, de profiter.

Le soleil et la lumière nous permettent de secréter la précieuse sérotonine, l’hormone du bonheur.

Cela explique nos traversée du désert de la forme, nos humeurs grizouillettes, nos baisses de forme lorsque le bel astre nous boude.. Le retour du soleil nous rend belles, nous exhibons nos jolies gambettes, nos épaules, nos jolis pieds avec sandales..  Finis les pulls qui grattent – le cachemire ne grattent pas, certes -, les doudounes qui nous transforment en bibendum, les bottes, les collants – oui, les dim up, c’est sexy aussi.. Avec l’été, nous sommes légères et court vêtues (évitons toutefois de devenir Perrette). Que les adeptes du diaphane me pardonnent.. J’aime être bronzée et je trouve globalement les gens plus beaux lorsqu’ils sont hâlés.

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Dali “le soleil”

Parler du temps est aussi un moyen d’exprimer métaphoriquement son état intérieur. 

Georges Brassens fredonnait

« Le beau temps me dégoutte et me fait grincer des dents 

Car le plus grand amour qui m’ fut donné sur terre

Je l’ dois au mauvais temps, je l’ dois à Jupiter, »

Gene Kelly chantaient sous la pluie – Moi aussi, mais uniquement les pluies tropicales.. Je vais tenter de valoriser ce temps afin ne pas me griser le quotidien en songeant aux nappes phréatiques qui se remplissent, aux arbres et autres végétaux .. et inventorier du positif.. ah! je raffole de mon chapeau de pluie, j’aime le bruit de l’averse sur la véranda, je profite encore du feu à l’âtre …

Vettriano_Singing_Butler
Vettriano que j’adore ” Singing butler”

Mais vivement le retour du soleil!

Sources: Bronislaw Malinowski, “The problem of meaning in primitive languages”, 1923

En Une : Les oliviers de van Gogh

 

PLK

PLK

Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

2 Comments

  1. Very interesting post. There are a lot of people whom I know who talk about weather. The pictures that you have shared which relates to weather are really impressive and I really enjoyed reading it. The post deals with very unique topic. Thanks for he share.

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