La couverture est divine ! Et un livre qui parle de Marseille, un premier roman, je fonce. Mais certains retours dithyrambiques ont un peu refroidi mon transport– je me méfie toujours de ces envolées de louanges – et d’autres assez négatifs de personnes dont les opinions comptent pour moi ont transformé mon enthousiasme en circonspection.

Alors ? En demi-teintes, mais sans aucune envie d’en arrêter la lecture…Au contraire !
Je ne vous raconte pas le pitch, presque tout le monde le connait. Clara montée à Paris pour ses études tombe amoureuse de Raphaël. Le thème en revanche plus caché : la violence faite aux femmes.
J’ai regretté les clichés assez caricaturaux, réducteurs, tranchés, binaires. Trop de thèmes noient le poisson : amour paternel, différences de classes, la relation mère-fille, amour maternel, démon de midi, deuil, opposition province-Paris, chagrin d’amour, amitiés, maltraitance psychique et physique, maladie mentale, dépression, honte de ses origines..
Le roman alterne les voix de Clara – que j’ai trouvé assez fade – et de sa mère, Véro. J’ai apprécié ces deux tons qui éclairent les deux univers. Je l’ai bien aimé Véro et ses copines (j’ai songé à Mado la niçoise). Elle en fait des tonnes, elle est libre, empathique, sans filtre, sans honte, c’est assez cocasse. Elle aime sa fille à la folie.
« 𝒞𝑒𝓇𝓉𝒶𝒾𝓃𝓈 𝒹𝒾𝓈𝑒𝓃𝓉 𝓆𝓊’𝑒𝓁𝓁𝑒 𝑒𝓈𝓉 𝓋𝓊𝓁𝑔𝒶𝒾𝓇𝑒. ℳ𝑜𝒾, 𝒿𝑒 𝒹𝒾𝓇𝒶𝒾𝓈 𝓆𝓊’𝑒𝓁𝓁𝑒 𝑒𝓈𝓉 𝓈𝑜𝓁𝒶𝒾𝓇𝑒. 𝒰𝓃 𝓈𝑜𝓁𝑒𝒾𝓁 𝒹𝑒 𝒸𝒶𝓃𝒾𝒸𝓊𝓁𝑒.. »
Le début est divertissant. Les hommes, eux, ne sont pas à leurs avantages !
Attention spoiler : Le psychisme de Clara est dévoilé assez loin dans l’histoire, c’est avantageux pour l’histoire.
J’ai beaucoup regretté que Marseille ne soit pas du voyage… Il y a bien quelques plages, la vue de l’appartement sur La bonne mère. Ce roman aurait pu se dérouler dans une ville anonyme. Quand René Frégni écrit sur Marseille, c’est sublime, non ?
Pour moi le thème intéressant était : Peut-on quitter son milieu sans se renier ? et l’amour maternel. Certains chapitres sont émouvants. J’ai aimé la sororité.
Un premier roman à multiples facettes, avec les tâtonnements d’un premier roman.. J’ai hâte de découvrir le second
La bonne mère de Mathilda Di Mattéo
368 p – 2025 – L’iconoclaste
































J’ai été agréablement surprise : un roman plus profond qu’il n’y paraît.
oui un peu trop touffu mais de bonnes choses