Un titre joliment métaphorique. Une biographie partielle romancée merveilleusement tournée. Christopher Nicholson nous entraîne dans les dernières années de Thomas Hardy, immense écrivain et poète, qui vit retiré à Max Gate, sa maison dans la campagne profonde de Dorchester, avec sa seconde épouse et secrétaire Florence, son chien Wessex. Il a 84 ans.

Hiver 1924. Une adaptation de son roman fétiche 𝐓𝐞𝐬𝐬 𝐝’𝐔𝐫𝐛𝐞𝐫𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 est montée au village. La jeune et belle Gertrude Bugler, tient le rôle-titre. Il tombe sous son charme… ce qui le ragaillardi mais attise la jalousie et exacerbe son hypocondrie de son épouse.
Il est question de création, jalousie, couple, possession, vieillesse, désir, solitude, regret, nostalgie, amitié, couple, statut de la femme, mémoire et oubli.
J’ai aimé que l’auteur alterne les voix de Hardy, Florence et Gertrude parfois pour le même évènement. La nature est un acteur à part entière, ce pourrait être un roman bucolique.
J’ai adoré les pages où Thomas Hardy imagine son futur.
Le portrait de Hardy n’est pas très flatteur : hostile au progrès, idéaliste, égoïste, centré sur son œuvre… et extrêmement attachant et complexe.
Une pépite intimiste et contemplative qui m’a ravie. Spirituel, émouvant, mélancolique, délicat, troublant, intelligent, lent, méditatif, poétique, cruel, et grave. Un bonheur de lecture. Lisez-le
Hiver de Christopher Nicholson
320 p – 2015 – Editions de la table ronde































