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Être sans destin d’Imre Kertész

Être sans destin d’Imre Kertész

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Lecture incontournable !
Les premières pages évoquent le départ du père du narrateur pour un camp de travail, en 1944.
Le fils, György Köves, (il ne sera nommé qu’une fois), sera raflé peu après à Budapest, et partira pour Auschwitz. Ce chapitre commence par « 𝓁𝑒 𝓁𝑒𝓃𝒹𝑒𝓂𝒶𝒾𝓃, 𝒾𝓁 𝓂’𝑒𝓈𝓉 𝒶𝓇𝓇𝒾𝓋é 𝓆𝓊𝑒𝓁𝓆𝓊𝑒 𝒸𝒽𝑜𝓈𝑒 𝒹’𝓊𝓃 𝓅𝑒𝓊 é𝓉𝓇𝒶𝓃𝑔𝑒 » (𝓅. 𝟻𝟽)

Ce n’est pas un roman, ni un témoignage ou une confession mais un destin. Des livres sur la Shoah, j’en ai lu… des très émouvants…des révoltants… Mais celui-ci fut un choc. 
“ℐ𝓁 𝓃’𝒶 𝓅𝒶𝓈 𝒹𝑒 𝓂é𝓂𝑜𝒾𝓇𝑒, 𝒾𝓁 𝑒𝓈𝓉 𝒹𝒶𝓃𝓈 𝓁’𝒾𝓃𝓈𝓉𝒶𝓃𝓉.”

C’est l’histoire de l’auteur, né dans une famille juive et déporté à l’âge de 15 ans et qui raconte son vécu avec les yeux et le cœur, le cerveau d’un adolescent de 15 ans !
Il accepte quasi tout, il essaie de voir aussi la beauté… il ne juge pas, ne se révolte pas, il vit avec un certain détachement. Il vit, presque indifférent, il n’est pas un héros, il veut juste « bien faire ». L’acceptation implique-t-elle la résignation ? 

Et puis un jour, son corps accablé de coups, sévices, maladies, privations de toutes sortes, le lâche, il se laisse submerger par un tsunami de désespoir… Alors qu’il se prépare à disparaitre dans la chambre à gaz, se produit l’incroyable : il se retrouve à l’infirmerie où il va rencontrer des hommes qui sont des hommes obstinés, qui vont le sauver. Ces pages sont incroyables.

« ℳ𝑜𝒾 𝒶𝓊𝓈𝓈𝒾 𝒿’𝒶𝒾 𝓋é𝒸𝓊 𝓊𝓃 𝒹𝑒𝓈𝓉𝒾𝓃 𝒹𝑜𝓃𝓃é, 𝒸𝑒 𝓃’é𝓉𝒶𝒾𝓉 𝓅𝒶𝓈 𝓂𝑜𝓃 𝒹𝑒𝓈𝓉𝒾𝓃 𝓂𝒶𝒾𝓈 𝒿𝑒 𝓁’𝒶𝒾 𝓋é𝒸𝓊 𝒿𝓊𝓈𝓆𝓊’𝒶𝓊 𝒷𝑜𝓊𝓉. »
A un moment de lecture, j’ai songé à 𝐋’é𝐭𝐫𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫 𝐝’𝐀𝐥𝐛𝐞𝐫𝐭 𝐂𝐚𝐦𝐮𝐬.. sans doute parce Meursault est également jeune, étranger à la vie..
Le dernier chapitre de son retour à Budapest se lit en apnée, tellement il est déroutant. Alors que tous lui conseillent d’oublier, de reprendre sa vie.. Quand on lui demande ce qu’il ressent en retrouvant sa ville il répond « de la haine… envers tout le monde ». Oui, envers tous ceux qui ont continué à vivre ou survivre pendant qu’il était dans les camps.
C’est fort de naïveté, à en pleurer. 

Il a connu Auschwitz en 1944 puis il fut transféré à Buchenwald, puis pour le camp de Zeitz . Libéré en 1945, il retourne en Hongrie et devra vivre trois ans plus tard un autre totalitarisme avec la dictature stalinienne.
Avez-vous lu Imre Kertesz (1929-2016)?

Être sans destin d’Imre Kertész

368 p – 2002 – Actes sud

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Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

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