close
Le bonheur et la génétique

Le bonheur et la génétique

sexy bonheur et génétique

« La grande affaire et la seule qu’on doive avoir, c’est vivre heureux », écrit François-Marie Arouet, Voltaire. Il exprime que le seul but de notre vie est d’être heureux, et que pour y parvenir nous devons y travailler quotidiennement. Jules Renard y croit aussi :  « Le but, c’est d’être heureux. On n’y arrive que lentement, il faut une application quotidienne.». Et si comme le chante Baloo.. Il en faut peu pour être heureux“... Employons-nous donc à atteindre ce Saint Graal.

baloo-dansant

A la recherche du bonheur

La psychologue britannique Carol Rothwell aidée de Pete Cohen, coach de vie ont trouvé, dès 2003, la formule mathématique du bonheur !

P + (5 x E) + (3 x H).

Développons pour les réfractaires à l’algèbre : une dose de « P », autrement dit de caractéristiques personnelles, comprenez perspectives de vie, résilience et adaptabilité, 5 de « E », entendez la santé, la capacité financière et l’amitié et 3 de « H », oyez estime de soi, ambition et  sens de l’humour (1)..

Le bonheur dans les gènes

capteur-de-sérétonine

Maintes études sur des jumeaux montrent que des facteurs génétiques influencent notre aptitude à être heureux. Ses études ont permis à David Lykken d’affirmer qu’environ 50 % de notre bien-être serait inné, donc codé dès notre conception, dans notre capital génétique. Les progrès récents de la génétique moléculaire offrent maintenant un aperçu des marqueurs neurobiologiques du bien-être. Par exemple, le gène MAOA contrôle l’activité d’une enzyme qui décompose la sérotonine, la dopamine et d’autres substances chimiques du cerveau (les mêmes que l’on retrouve dans beaucoup d’antidépresseurs). La faible expression de ce MAOA entraîne des niveaux plus élevés de la monoamine, qui augmentent la quantité disponible de ces neurotransmetteurs dans notre sang et améliorent fortement notre humeur et nos capacités cognitives.

 femme-heureuse

Une nouvelle étude a montré que ce gène MAOA semble donner aux femmes de bons sentiments et une aptitude au bonheur, mais aux hommes, un comportement plus impulsif et des réactions plus agressives ce qui lui a valu le surnom „ Gène de Guerrier“, une variante du gène MAOA-L. Une découverte surprenante pour Henian Chen : « J’ai été surpris par ces résultats. Habituellement, la faible expression de ce gène est plutôt associée à des comportements négatifs comme l’alcoolisme, l’agressivité, et des comportements asociaux. Certains scientifiques parlent même du gène du guerrier, mais en ce qui concerne les femmes, notre expérience indique le contraire ».

Pour une étude publiée récemment dans la revue Progress in Neuro-Psychopharmacology & Biological Psychiatry, des scientifiques du California Institute of Technology ont proposé à 83 jeunes hommes de jouer dans une simulation financière. Ils devraient investir leur capital initial de 25$ dans des divers jeux et le faire augmenter. Ils devraient choisir entre une option sure à 100% (pas de profit, pas de perte) et une option risquée (risques de perte et chances de profit). Les résultats ont mis en évidence que les porteurs du “Gène Guerrier” ont pris plus de risques financiers, mais seulement si c’était favorable.

Ceci indique que ces «  Guerriers » ont une plus haute disposition à prendre des risques et à mieux estimer leurs chances de succès dans des situations critiques.

Une autre étude a en outre conclu à la plus grande agressivité des hommes porteurs (2). Ce « gène guerrier » se trouve sur le chromosome X, les hommes le reçoivent en héritage de leurs mères. Ne disposant que d’un chromosome X, ce gène présent en un seul exemplaire, déploie tout son potentiel. Les femmes en revanche possèdent deux chromosomes X, et un seul gène ne peut pas avoir autant d’effet (3) . .

guerrier-japonais

L’allèle qui conduit à une expression moindre de l’enzyme est associé au bonheur chez les femmes. Une bonne nouvelle qui va faciliter notre travail es bonheur.

Vous n’êtes pas sûre de posséder le merveilleux gène ?

Toute femme, même la plus brillante, n’a peut-être pas hérité de cette heureuse variante du gène dont chaque individu peut avoir zéro, une ou deux copies. La génétique est une singulière loterie.

Les femmes qui possèdent une seule version, s’auto-proclament plus heureuse (4)(5) que celles qui en sont dépourvues.

Et celles, homozygotes pour ce gène c’est-à-dire dotées des deux allèles, se disent baigner dans la félicité. Vous serez plus encline à plaindre tante Marthe pour son caractère revêche : elle ne possède aucune copie de MAOA, la pauvre ! En revanche, aucune association avec ce penchant au bonheur n’a été trouvée chez les hommes.

Quelle iniquité ! Peut-on réparer cela ? Une grande étude sur l’égalité des sexes à travers l’Europe,  financée par l’Economic and Social Research Council, apporte d’étonnantes conclusions : les hommes d’Allemagne, du Danemark, de France, de Grande-Bretagne, de Norvège, des Pays-Bas et de Suède se déclarent plus à l’aise et moins stressés lorsqu’ils participent aux tâches ménagères comme la cuisine, la lessive, le nettoyage, le shopping et l’entretien des biens. Ils sont donc plus heureux ainsi. L’homme, génie -du-logis est enchanté. Alors, soyons bonnes filles, gommons ces différences génétiques ! Partageons gants Mapa, serpillières en microfibres  et autres swiffer, centrale vapeur, livres de cuisine (6)..  Il en va de leur bonheur. Et du nôtre..

Photographies: Baloo du Livre de la Jungle- schéma explicitant la recapture des molécules de sérotonine par l’enzyme – guerrier Bushi

Sources:(1) La formule du bonheur. (2003, January 6). BBC News. Nouvelles de BBC. Retrieved November 9, 2005 (2)Monoamine oxidase A gene (MAOA) predicts behavioral aggression following provocation Rose McDermott, Dustin Tingley,, Jonathan Cowden, Giovanni Frazzetto and Dominic D. P. Johnson, (3) MAOA-L carriers are better at making optimal financial decisions under risk Cary Frydman, Colin Camerer, Peter Bossaerts and Antonio Rangel (4) The MAOA gene predicts happiness in women.Chen H, Pine DS, Ernst M, Gorodetsky E, Kasen S, Gordon K, Goldman D, Cohen P. (5) Après ajustement pour tenir compte  de l’âge, la race, l’éducation, le revenu du ménage, l’état matrimonial, le statut d’emploi, maladie mentale, la santé physique, la qualité des relations, la religiosité, des antécédents de violence, les récents événements de vie négatifs et l’estime de soi (6) Il est évident que les conclusions de cette étude ne vont pas entièrement dans ce vil sens ! elle conclut que les hommes se sentent ainsi moins coupables de laisser leur compagne gérer toutes les tâches domestiques et que les femmes s’affirment plus en demandant à leur compagnon une participation.

Le bonheur et la génétique
PLK

PLK

Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

Leave a Response

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.