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La végétarienne d’Han Kang

La végétarienne d’Han Kang

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J’ai entendu parler de cette auteure sud-coréenne Han Kang pour la première fois en 2024, lorsqu’elle a reçu le prix Nobel de littérature. 
J’ai d’abord lu É𝒄𝒍𝒂𝒊𝒓 𝒆𝒕 𝒕𝒐𝒏𝒏𝒆𝒓𝒓𝒆 𝒅𝒆 𝑯𝒂𝒏 𝑲𝒂𝒏𝒈 album pour enfant chez grasset jeunesse, un album intelligent et très beau. 


𝑳𝒂 𝒗é𝒈é𝒕𝒂𝒓𝒊𝒆𝒏𝒏𝒆 – la végane car elle rejette tout produit d’origine animale-..Voilà une lecture dérangeante et étrange… onirique ? Irréelle ? fantastique ? 
Il nous relate la vie de Yonghye jeune femme tranquille mariée à un sale type complétement misogyne et tellement ordinaire qu’il a choisi sa femme parce que justement elle est ordinaire. Ainsi il évite que la personnalité de son épouse fasse de l’ombre à la sienne si terne ! Voyez le genre de personne ! Suite à des rêves sanglants, Yonghye se refuse à manger de viande. Elle se réfugie dans un mutisme quasi absolu.
Trois parties avec chacune un narrateur. 
La première partie ℒ𝒶 𝓋é𝑔é𝓉𝒶𝓇𝒾𝑒𝓃𝓃𝑒 est racontée par l’ inconsistant mari – donc à la première personne – est captivante. Le lecteur cherche à comprendre le pourquoi du comment. La scène avec la famille qui souhaite la faire changer d’avis est surréaliste et éprouvante ! J’y ai vu un rapprochement entre la chair animale et plaisir de la chair… Je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler. 
ℒ𝒶 𝓉𝒶𝒸𝒽𝑒 𝓂𝑜𝓃𝑔𝑜𝓁𝒾𝓆𝓊𝑒 vue du côté du beau-frère artiste vidéaste se déroule deux ans plus tard. Elle a quitté son mari. Et cet homme soudain fantasme sur la tache mongoloïde de Yŏnghye.

ℒ𝑒𝓈 𝒻𝓁𝒶𝓂𝓂𝑒𝓈 𝒹𝑒𝓈 𝒶𝓇𝒷𝓇𝑒𝓈, est le point de vue d’ Inhye sœur de Yŏnghye, la seule qui souhaite l’aider, lui rend visite à l’hôpital psychiatrique. Cette partie m’a bouleversée.
Je me suis demandé si Yŏnghye souhaitait se désincarner, éradiquer la partie animale en elle jusqu’à devenir végétale…
Vous l’avez compris, il n’est pas vraiment question de prendre fait et cause pour ou contre le véganisme. C’est beaucoup plus profond. J’ai compris qu’il s’agissait de se débarrasser de son corps, de son animalité afin de ne plus en être prisonnière, ne plus se soumettre ou d’être instrumentalisée selon les besoins d’autrui. 
J’aurais aimé avoir le point de vue de l’héroïne, car à part quelques dialogues où elle confie ses pensées, elle est surtout observée.

J’ai noté que les deux dernières parties étaient rédigée à la troisième personne contrairement à la première. J’ai bien une hypothèse du pourquoi.

Il est question de rejet du patriarcat et de la masculinité toxique, de sororité, de la société sud-coréenne (une note en bas de page nous dit qu’une infidélité dénoncée par le conjoint trompé était passible de prison, le livre a été écrit en 2007), maltraitance, de folie, pulsions destructrices, négation de l’individu, anorexie.
Le texte est d’une troublante beauté qui vous embarque et intrigue.
Ce livre ne plait pas à tout le monde. En tout cas, il ne laisse pas indifférent. Il me laissera une empreinte durable.
Je ne compte pas m’arrêter là dans la découverte de cette auteure. Que me conseillez-vous ?
Les éditions Le Serpent à plumes ont été créées par Pierre Astier, d`abord sous forme de revue littéraire en 1988 puis sous forme de maison d`édition en 1993. En février 2004, elle a été rachetée pour difficultés financières.

La végétarienne d’Han Kang

216 p – 2016 – Serpent à plumes

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PLK

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Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

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