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« La couleur dans l’estampe japonaise » au Musée Guimet

« La couleur dans l’estampe japonaise » au Musée Guimet

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Tout le monde connait l’estampe japonaise ou ukiyoe. Mais son histoire est assez peu connue. 

L’exposition « La couleur dans l’estampe japonaise » du Musée Guimet

Elle aurait pu s’appeler « De l’estampe monochrome à l’ image de brocart » car y est exploré la thématique de l’apparition de la couleur dans l’estampe et montre les évolutions techniques

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La rotation d’été abordera l’œuvre de Suzuki Harunobu (vers 1725-1770), artiste de l’ukiyo-e et créateur des nishiki-e ou « estampes de brocart » Il avait adopté comme nom d’artiste « Shikojin », qui signifie « Celui qui reflète le passé». Sa brève carrière – il mourut subitement à 45 ans- fut très féconde. En une dizaine d’années, il réalisa 1 200 estampes environ, 25 livres illustrés et quelques peintures.

Les premières estampes japonaises 

La première estampe japonaise apparait vers 1678.

Ce ne sont que des impressions monochromes à l’encre de Chine, appelées sumizuri-e ( sumi encre de Chine).

Le sumi varie du gris au noir profond. Moronobu (?- 1694), fut le fondateur de l’ukiyoe en couleur avec Nishikawa SukenobuLes estampes furent, vers 1700, agrémentées d’un rouge orangé « tan », oxyde à base de plomb, appliqué à la main ou au pinceau. Puis, vers 1716, un rouge rosé « beni », pigment issu de la fleur de safran, fut appliquée à la main.

Vers 1730, un noir brillant, obtenu par un mélange de colle de poisson – nikawa– et d’encre, fut utilisé pour les chevelures, les ceintures (obi ), les détails mobiliers-, offrit un aspect brillant ressemblant à de la laque –urushi-e.

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L’ « image de brocart » et surimono de Harunobu

Le pinceau fut abandonné pour les blocs d’impression. Soutenu par de riches mécènes férus d’improvisation poétique – les très fameux haikus-qui souhaitaient des estampes raffinées et luxueuses pour illustrer leurs poèmes ou autres publications, Suzuki Harunobu s’essaya avec succès aux impressions à couleurs multiples, avec des pigments recherchés, qui nécessitaient parfois une quinzaine de bois gravés. Agrémentées de gaufrages, de fonds marbrés, de poudres de métaux et de mica, de dégradés, ces « images de brocart », en référence aux tissus somptueux brodés dans la région de Kyoto, au format chûban,–  285 x 215 mm environ qui sera le favori de Harunobu pour les scènes intimistes- supplantèrent vers 1765 les estampes imprimées en deux ou trois couleurs.

Il réalisa des surimono, sortes de cartes de vœux luxueuses commandées à titre privé. Souvent sans signature, elles portent parfois le nom du commanditaire, soit parce qu’il en suggéra le sujet, soit qu’il en donna le modèle. 

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Le musée Guimet, un lieu exquis

J’aime beaucoup l’ambiance intime de la rotonde, au deuxième étage, avec en son centre-mezzanine, la vue sur une extraordinaire bibliothèque. Nous y découvrons les estampes choisies parmi l’incroyable collection des 11 000 œuvres de Guimet par Hélène Bayou, conservateur en chef de la section Japon du musée national des arts asiatiques, illustrant cette progression, ainsi que quelques magnifiques paravents exposés dans l’avant-salle.

Avant de quitter le musée, je ne résiste pas à ma traditionnelle réimmersion à Angkhor, avec grand bonheur. Petit détour à la boutique pour acquérir deux livres sur le thé et de quatre tortues pour mes Précieux.

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Jayavarman VII   Bayon, fin XIIè

Comme j’aime ce musée Guimet ! J’adorerais m’y laisser enfermer pour une nuit..

L’ exposition «la couleur dans l’estampe japonaise » durera jusqu’au 10 mars 2014. Puis, s’ouvrira Clemenceau, le Tigre et l’Asie  qui a reçu le « label Centenaire» de la Mission du centenaire de la Première guerre mondiale.                                                                                                                                                

 Je n’ai pu résister à un diaporama pour présenter quelques œuvres de Harunobu, surnommé le poète du féminin, que j’affectionne particulièrement, en attendant la rotation d’été du musée. 

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Beauté sautant dans le vide depuis le balcon du temple Kiyomizu, 1765

 Les silhouettes de ses personnages étaient toujours frêles

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Enfants sumo

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Two women gathering lotus blossoms

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Night Rain of the Tea Stand (Daisu no yau), from the series “Eight Views of the Parlor (Zashiki hakkei)”

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Clearing Breeze from a Fan (Ogi no seiran), from the series “Eight Views of the Parlor (Zashiki hakkei)”,
PLK

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Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

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