Des nouvelles ! Un genre que j’affectionne, un art difficile.
14 nouvelles dont la plus longue est éponyme. Du reste, ce sera ma préférée. Et la dernière qui n’est pas réellement une nouvelle, fait le parallèle entre l’art de la nouvelle et du saut à la perche…

𝗟𝗮 𝗻𝘂𝗶𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗷𝘂𝗴𝗲𝘀 se déroule dans un grand domaine de Sologne chez Charles Dupont-Malloré qui reçoit la crème de la crème, à une partie de chasse, qui finira par somptueux festin. Les invités alors bloqués par une violente tempête, le maitre des lieux installe un jeu : créer son faux procès. De quoi est-il coupable ? Époustouflante satire d’un monde bourgeois, tout comme la partie de chasse effroyable et la chute !
𝘽𝙤𝙧𝙣𝙖𝙜𝙚𝙨 𝙚𝙩 𝙛𝙧𝙤𝙣𝙩𝙞è𝙧𝙚𝙨 et 𝘼𝙢𝙥𝙝𝙚𝙖𝙣𝙙𝙧𝙖 nous font anticiper des régimes politiques redoutables. Quant à 𝘼𝙩 𝙝𝙤𝙢𝙚 𝙣𝙤𝙬𝙝𝙚𝙧𝙚, nous expose à l’explosion d’un réacteur nucléaire en bord de Loire…
𝘾𝙧𝙞𝙢𝙚 𝙙’𝙝𝙤𝙣𝙣𝙚𝙪𝙧 est implacable, bouleversante et révoltante. Ce texte est pour moi, symbolique de l’art de la nouvelle : cette montée de la tension à étouffer et soudain… la sentence.
J’ai aimé retrouver certains personnages secondaires de l’une, en personnage principal dans un autre. Mais sont-ils vraiment les mêmes ?
Pas de happy end dans ces nouvelles…
Il est aussi question de châtiment, culpabilité, remords, secrets inavouables, conscience, deuil impossible, enfermement, patriarcat.
Hubert Haddad n’est pas un auteur facile. Son univers est étrange, il oscille entre réel et onirique, voire fantastique. Le vocabulaire est extraordinairement riche (j’aime beaucoup les nouveaux mots, je fus comblée ).
Souvent lorsque je lis des nouvelles, je pose le livre, puis le reprends… Dans ce cas, ce fut nécessaire, même indispensable, tant le texte est soutenu.
L’écriture est d’une incroyable beauté, on se surprend à lire pour le plaisir du phrasé. Une belle dose d’humour, d’ironie mordante aussi.
Si vous aimez les nouvelles, et la beauté du texte. Une lecture exigeante.
La nuit des juges d’Hubert Haddad
224 p – 2026 – Editions Zulma































