Un JCO ni trop court ni un pavé…mais très addictif.
11 Avril 1991 au matin, Aurora -on-Cayuga, dans la région des Finger Lakes, petite ville universitaire du nord de l’état de New York.

Marguerite Fulmer, 27 ans, sculptrice séduisante et talentueuse, disparaît sans laisser de traces, hormis une nuisette Dior en soie que sa sœur cache aux enquêteurs. Suicide ? Enlèvement ? Meurtre ? Disparition volontaire ?
Nous sommes 22 ans après les faits et M n’est toujours pas réapparue.
La narratrice est Georgene, la cadette de 5 ans, plutôt disgracieuse et revêche qui travaille au guichet d’un bureau de poste. Le lecteur est dans sa tête, et c’est assez troublant. Peut-elle avoir une part de responsabilité ?
48 chapitres, inégaux en longueur, pour 48 indices rédigés en italique. Des indices qui ne sont pas seulement des objets mais aussi des sentiments, des sensations.
Des personnages sombres, difficilement classables parmi les méchants ou les bons.
L’auteure excelle à balader le lecteur, dans une ambiance pesante, car entre autres, G. n’est pas fiable et tellement antipathique.
Un récit assez noir, troublant. G n’est-elle qu’atteinte d’une jalousie maladive, viscérale ? Est-elle la coupable idéale mais innocente qui ne parvient pas à faire le deuil de sa sœur ?
Il est aussi question de jalousie, sororité, non-dits et liens familiaux, bonne société, réflexion sur l’art. Oates renoue avec l’un de ses thèmes favoris : les violences faites aux femmes.
L’écriture de JCO demande une attention assez soutenue, sous-entendus qui égarent, dialogues hachés, digressions multiples mais utiles, parenthèses et crochets..
Je l’ai choisi pour le thème thriller mais en fait, ce n’en est pas un. Il s’agit plus d’une exploration de la psychologie de G., le mouton noir de la famille et nous en apprend également beaucoup sur M. et ses traumatismes.
Aimez-vous JCO ?
48 indices sur la disparition de ma soeur de Joyce Carol Oates
286p – 2024 – Philippe Rey






























