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Les femmes s’ennuient au lit – Sonia Feertchak

Les femmes s’ennuient au lit – Sonia Feertchak

femme s'ennuie au lit

Tous les magazines parlent de sexualité, en été. Même Psychologie Magazine a fait un Hors-série L’art de jouir en 50 tests et exercices paru en juillet. Alors, ce livre est-il en décalage ? 

                      les-femmes-s'emmerdent-au-lit Sonia feertchak

  Illustration de couverture du livre

George Sand eut des amants prestigieux :  Alfred de Musset, «son gamin d’Alfred», Frédéric Chopin, «son pauvre cher enfant» ou encore Prosper Mérimée, ce «diable de l’amour» souffrait, dit-on, de sa frigidité et se lamentait: «Si j’avais pu me soumettre à un homme, j’aurais été sauvée.» Sonia laisse à penser que nous aurions toutes le même regret caché que George.

Les femmes s’emmerdent *au lit le désir à l’épreuve du féminisme et de la pornographie

 « Longtemps je me suis emmerdé au lit… » écrit  Sonia  Feertchak à la manière de Proust, dès le premier chapitre. Danièle Flaumenbaum, gynécologue et auteur de l’excellent livre « femme désirée, femme désirante»  annonçait en 2006 que pas moins de 85% des femmes s’ennuyaient au lit. Etonnant, non ? 

Sonia Feertchak est écrivain, elle a écrit l’« Encyclo des filles » et «Ma fille, conseils aux mères d’ados ». A 35 ans, cette jolie brune fait le constat qu’elle avait passé une bonne partie de sa vie sexuelle à confondre plaisir et plaire. Elle a une écriture très imagée, très crûe. Le livre se lit comme un essai. La liberté sexuelle tant revendiquée et acquise par les femmes du XXème siècle a-t-elle tué le désir ? 

Sonia nous livre un Instantané et une Analyse de la sexualité des filles, très bien argumentés par des références de livres, d’essais ou romans, des études scientifiques ; elle essaie de comprendre pourquoi le désir est souvent absent des parties de jambes en l’air et nous embarque dans son cheminement. 

  les femmes s'emmerdent au lit Sonia Feertchak

 Féminette et Nouveau garçon, l’amant courtois

Le couple d’aujourd’hui en prend pour son grade.

Elle a inventé le terme La féminette – Contraction de « féministe » et « midinette ». Oui, nous sommes à la fois en proie à notre côté  « Je suis forte» et notre côté très girly fragile. Nous avons été élevées avec des garçons, sans beaucoup de différences entre nos frères et nous. Tout doucement, nous avons gagné nos galons, nos droits. Nous faisons tout comme les garçons : études, sports, métiers.. Même s’il reste encore beaucoup à faire pour l’égalité des salaires par exemple, il y a une certaine égalité.  Mais au fond de chaque Working Girl à talons hauts et même de la féministe qui se revendique de Causette, sommeille un cœur tendre qui veut se faire prendre. Une vraie Barbie qui voudrait être faible, avoir des faveurs liées à son statut de femme, une geisha qui veut plaire et séduire, une femme qui attend son prince charmant.. Oui, je dis bien, au tréfonds de soi. Mais tout de même ! De quoi être schizophrène, avouez-le. Nous avons envie de séduire, mais surtout ne devons pas passer pour une « pétasse» ou femme de mauvaise vie.

Le Nouveau Garçon a été élevé dans le respect des filles par sa mère féministe. Il est aux petits soins, il va au-devant des désirs de sa compagne.. Que cela exaspère. Il est désarçonné par cette féminette qu’il ne sait plus/pas désirer. Le côté féminin du Nouveau Garçon serait-il trop exprimé, au détriment du masculin ?

Le devoir de liberté de jouissance est aussi un diktat pour la féminette.  La pornographie, «en substituant l’excitation au désir», contribue à ce devoir de performances, abaissant la sexualité à des applications de techniques gymniques.

Attraper le désir par la queue

Un drôle de jeu de mots que Sonia a emprunté au titre d’e la farce ubuesque de Pablo Picasso créé en 1944 dont il fit une première lecture avec ses amis intellectuels (Beauvoir, Sartre, Camus..). C’est ce que Sonia souhaite à la femme d’aujourd’hui. 

Lisez cet essai sérieux, bien écrit, crû voire trivial, franc, plein d’esprit et d’humour, qui nous amène à réfléchir à ce que nous voulons vraiment être.

Cependant, Sonia aborde peu le rôle de la femme dans la relation sexuelle. Et de fait, il est légitime de se demander si la femme pourrait être responsable de son ennui ?

Le féminisme et l’égalité des sexes n’ont pas à s’inviter dans la relation intime homme-femme. Je suis sûre que la majorité des femmes d’aujourd’hui- féminette ou pas – ne sont pas en manque du  macho ne se préoccupant que de son propre plaisir, voyant la femme comme une proie. 

Nous faut-il accepter que la maman et la putain soient une seule et même personne ?

Voulez-vous en lire une partie du livre ? Google book 

Voir le film La maman et la putain, un chef d’œuvre avec Bernadette Lafond et l’excellent Jean-Pierre Léaud, Françoise Lebrun, un triangle amoureux tourmenté  ? 

*Au risque de paraître un peu chochotte, ce verbe qui témoigne de l’ennui des femmes au lit, me gêne un tantinet. C’est pourquoi, je me suis autorisée à le troquer le verbe du titre pour un synonyme qui me convient mieux. L’auteur elle-même a beaucoup tergiversé sur ce choix qu’elle explique en fin d’ouvrage. Il n’empêche..

Lirez-vous ce livre ?

Pensez-vous que les hommes soient des Nouveaux Garçons ?

PLK

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Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

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