Je n’ai jamais lu cette grande voix de la littérature contemporaine russe – devenue romancière après avoir été licenciée, pour faits de dissidence, de son poste de biologiste généticienne, célèbre dès son premier roman, Sonietchka (Gallimard, 1996).

Je découvre son univers avec ce recueil de 11 nouvelles au titre si beau.
Il est question d’âme. Âme russe ? Qu’est-ce donc, « le corps de l’âme » ? Que recouvre-t-elle précisément ? Est-elle présente tout au long de notre existence, ou se révèle-t-elle seulement à certains moments ?
Un médecin américain Duncan MacDougall en mars 1907 avait établi que la masse de l’âme était de 21 grammes. Cette théorie a aussi inspiré à André Maurois 𝐋𝐞 𝐏𝐞𝐬𝐞𝐮𝐫 𝐝’â𝐦𝐞𝐬. Dans le roman 𝑳𝒆 𝑺𝒚𝒎𝒃𝒐𝒍𝒆 𝒑𝒆𝒓𝒅𝒖 𝒅𝒆 𝑫𝒂𝒏 𝑩𝒓𝒐𝒘𝒏, Katherine Salomon reproduit l’expérience de Duncan MacDougall.(1)
L’ouvrage est scindé en deux parties : les amies – 5 textes dont les héros sont des femmes – et le corps de l’âme – 7 nouvelles.
Il est beaucoup question de mort et de fin de vie, mais aussi d’amitié, d’amour, de maladie, solitude, deuil, vieillesse…. Elle aborde aussi l’homosexualité, l’amour chez les seniors, racisme, les relations mère-fille..
Les chutes sont parfois souriantes, d’autres heureuses. D’autres sont très poétiques et un brin fantastique.
J’ai préféré la seconde partie. J’ai aimé le court poème en guise d’introduction posant le cadre de la nouvelle.
L’écriture est belle, simple, ce n’est ni larmoyant ou plaintif, ni cafardeux.
Un recueil qui encourage vraiment à découvrir les romans de cette auteure. L’avez-vous lue ?
(1) Cette chercheuse en noétique existe vraiment.
Le corps de l’âme de Ludmila Oulitskaïa
208 p – 2022 – Gallimard































