Le plus célèbre roman de la littérature russe publié en 1830, dont Piotr Tchaïkovski en tira un chef-d’œuvre de l’opéra en 1879.
Je l’ai déjà lu en prose il y a longtemps. Cette fois, je l’ai lu en strophes rimées .. en la croisant pour certains passages, avec la traduction non rimée. Une merveille.
Eugène Oniéguine a été composé sur huit années, de 1823 à 1831.

Vous connaissez l’histoire ? Eugène aristocrate pétersbourgeois désenchanté et désabusé entre dans la vie bien monotone de Tatiana Larine grâce à son ami Vladimir Lenski. Le bellâtre lui apparaît comme un personnage des romans que la passionnée de littérature dévore. La jeune femme quelque peu oie-blanche tombe éperdument amoureuse de ce bon vivant de la ville. Geste osé : Elle lui déclare sa flamme dans une missive enflammée. Mais il rejette son amour avec hauteur : son mode de vie agité ne convient pas à une relation durable. Lors d’un bal donné par les Larine où Lenski l’a entrainé, il flirte avec Olga sa fiancée, sœur de Tatiana. Voyant rouge, Lenski le provoque en duel, Eugène le tue.
Des années plus tard, il retrouve Tatiana, d’âge mûr, elle a épousé par convenance le prince Gréminz, beaucoup plus âgé qu’elle. Onéguine est bouleversé lorsqu’il réalise que Tatiana aurait été la femme idéale pour lui. Et ce sera lui qui va adresser des lettres enflammées…
J’ai beaucoup aimé les strophes sur les pieds (pas l’unité rythmique d’un vers mais de petons), I,30 à 34, la « scène de la lettre » qui m’a fait tomber en pâmoison, des strophes où les deux adversaires se pensent que tout peut s’arrêter VI, les digressions de l’auteur qui se mêle à l’histoire, donne son avis mais aussi sollicite le lecteur avec ironie, les références littéraires.
J’ai été surprise par les strophes fantômes.
Un roman en vers ! Magique et rare ! Composé de strophes de 14 vers de huit syllabes. Chacune est formé de trois quatrains construit ainsi :
• ABAB : rimes croisées
• CCDD : rimes plates
• EFFE : rimes embrassées
Et termine par GG : rimes plates
La traduction est de Roger Legras. Quel talent faut-il pour nous offrir la version rimée en français. Je redoutais un petit peu la lecture mais ce fut un enchantement ! Les rimes, le rythme sont agréables ; je me suis régalée avec la lecture à haute voix. J’ai trouvé le phrasé très moderne.
Un seul conseil : Si ce n’est fait, ne passez pas à côté de cette lecture incroyable en vers.
Eugéne Oniéguine d’Alexandre Pouchkine
250 p – 2009 – Editions L’âge de l’homme































