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Babouchka & Dedouchka: Survivre et s’amuser au pays des Soviets d’Emma Siniavki

Babouchka & Dedouchka: Survivre et s’amuser au pays des Soviets d’Emma Siniavki

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Le 8 septembre 1965, Andreï Siniavski, professeur et écrivain est arrêté à Moscou pour « activité antisoviétique ». Il sera condamné à 7 ans de « camp à régime sévère ».
Emma Siniavski raconte l’histoire de son grand-père né dans une famille communiste et fervent soutien à la Révolution d’octobre 1917 sous Lénine, qui finit au goulag sous Staline. Il sera libéré par anticipation en 1971. 
Pourquoi ? Le KGB l’accuse de contourner la censure en publiant des écrits en France sous un nom d’emprunt. En effet, sous pseudonyme d’Abram Tertz, il publie en secret des œuvres satiriques et fantastiques, critiquant le régime soviétique communiste.
J’admire que pendant son enfermement, Andreï continue à écrire sur Pouchkine et son stratagème pour déjouer la censure : il transmettra à sa femme ses essais cachés dans de longues lettres bien barbantes… 


Les anecdotes sont nombreuses et amusantes. Dedouchka et Babouchka sont des personnages hors du commun, fantasques et courageux, d’un tonus inouï. 
Cependant, la traque et la répression des intellectuels donnent la chair de poule ! 

Elle raconte l’histoire de sa famille à partir des souvenirs de sa grand-mère Maria et des lettres, photos.. retrouvées à Fontenay aux Roses où le couple et leur fils Iegor se sont installés en 1973. Il devint professeur de littérature russe à la Sorbonne (il enseigna la poésie en russe car il parlait mal le français). Il y a aussi la merveille histoire de cette porte de porcherie… qui finira au British Muséum.p 88


Le ton presque enfantin, est drôle, sans emphase pour des évènements horribles et une ambiance pourtant tragique. Cette distorsion m’a un peu gênée. Par exemple le rendu des interrogatoires… ( p10-11)
La découverte des étals en France par Maria m’a bouleversée. p 106.


Le roman graphique n’est pas du tout ma tasse de thé mais j’ai apprécié les illustrations au trait assez naïfs, très jolis et tendres, presque unicolor. Les illustrations concernant Fontenay-aux-roses sont si beaux. J’ai noté que les personnages soviétiques sont dessinés avec des morceaux du corps manquants. Pour appuyer sur leur manque d’humanité ? J’ai aimé que les couleurs soient utilisées avec raffinement et économie, et à bon escient. 
J’ai été touchée par cette déclaration d’amour d’une petite fille à ses aïeuls. J’ai été étonnée que cette BD soit ludique et fraiche pour témoigner de l’horreur absolue de ce régime communiste qui broya des millions d’hommes. Ce n’était sans doute pas l’objet.

Babouchka & Dedouchka: Survivre et s’amuser au pays des Soviets d’Emma Siniavki

128 p – 2025 – Editions Sarbacane

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PLK

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Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

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