Un second roman qui dépeint l’horreur de la guerre d’Indochine mais aussi une histoire de famille remplie de non-dits..

La beauté du bandeau fait référence à un élément essentiel du roman, un « ao dai », sorte de kimono bleu, très travaillé est ce qui m’a attirée mais aussi le titre, étant nancéienne de vie et aimant beaucoup le Vietnam.
Le pitch : 2020, un cimetière à Nancy. Le cercueil de Simone, décédée à 98 ans, est exhumé en présence d’Edithe sa fille de 71 ans, née d’un premier mariage. Pourquoi ? Il faut faire de la place dans le caveau familial pour d’autres morts plus récentes ( Nous sommes en période de Covid). En ouvrant le cercueil, on s’aperçoit que Simone portait un « ao dài », la tenue traditionnelle vietnamienne, richement brodé.
Le narrateur – dont le lien avec de parenté avec les personnages ne sera pas révélé-, confiné dans son appartement parisien de la place d’Italie, va hériter de cet habit et d’une boîte contenant la correspondance entre Simone et Paul. Une boîte sur laquelle il est écrit : Nancy – Saigon.
J’ai été impressionnée par la solitude des femmes qui attendaient indéfiniment le retour de leur mari.
L’écriture m’a gênée, des phrases et des métaphores qui m’ont laissé pantoise.
« ℒ𝒶 𝑔𝓊𝑒𝓇𝓇𝑒, 𝒸𝑒𝓉𝓉𝑒 𝑔𝓊𝑒𝓇𝓇𝑒-𝓁à, 𝓈𝑒 𝒹𝒾𝓈𝒶𝒾𝓉 𝒮𝒶𝓃𝓏𝒶𝒸𝒽, 𝑒𝓈𝓉 𝓊𝓃𝑒 𝑔𝓊𝑒𝓇𝓇𝑒 𝒹𝑒 𝑔𝑜𝓇𝑔𝑒𝓈 𝒸𝒽𝒶𝓊𝒹𝑒𝓈, 𝒹𝑒 𝓂𝑜𝓉𝓈 à 𝓉𝑜𝓊𝓉 𝓋𝒶, 𝒹𝑒 𝓅𝒽𝓇𝒶𝓈𝑒𝓈 𝑒𝓃 𝓅𝒶𝑔𝒶𝒾𝓁𝓁𝑒, 𝒸𝒽𝑜𝓅é𝑒𝓈 𝒶𝓊 𝓋𝑜𝓁 ; » 𝓅𝟷𝟸𝟶
Cependant je recommande cette lecture édifiante.
Cette guerre que le Viêt Nam appelle « guerre de résistance antifrançaise » (1946-1954) est absolument atroce, brutale, cette barbarie change et brise les hommes, tout en les rendant complices des exactions commises. Elle laissera des cicatrices qui traverseront les générations. L’auteur a su mettre le doigt sur l’indicible, sur la violence et le mépris du conquérant envers le peuple vietnamien agressé. C’est fort, effarant et impressionnant.
Nancy-Saïgon d’Adrien Genoudet
304 p – 2025 – Editions du Seuil






























