Nous sommes à Mirnoïé, dans les années soixante-dix en Russie. Le narrateur, jeune homme de 26 ans a quitté Leningrad pour finir son mémoire d’anthropologie par une satire antisoviétique sur le thème des coutumes folkloriques de la région d’Arkhangelsk, Mer Blanche où l’été dure de début juin à fin août, où ne se trouve que des villages fantômes et des souvenirs de guerre chevillés aux corps. Il y rencontre Véra, qui depuis 20 ans attend son amoureux parti au front. Une Andromaque.

Pourquoi n’a-t-elle pas tourné la page ? Pourquoi reste-t-elle dans ce village à s’occuper vaillamment de vieilles babouchkas qui attendent la mort ?
Nous ne connaitrons jamais le nom de ce jeune narrateur. Universitaire, plutôt bohème, il a des amis, tous fort critiques du régime soviétique de Brejnev et attirés par le monde occidental. Certes, il manque de maturité – il est parfois agaçant – il va tenter de percer le mystère Véra qui le fascine… Il ira jusqu’à la guetter, fouiller sa vie, sa maison…
J’ai adoré ce personnage de femme qui attend, une femme très forte, une très belle personne…
Une lecture teintée de poésie qui se savoure. Des moments de grâce, de délicatesse, de mélancolie et de sensualité où la nature est aussi omniprésente. Toute une atmosphère pour un personnage inoubliable. J’ai fermé ce livre avec regret.
J’ai découvert Alexandra Kollontaï et sa théorie de verre d’eau.
Un roman merveilleux que je recommande. Coup de cœur. J’ai hâte de découvrir d’autres œuvres de Makine.
La femme qui attendait d’Andreï Makine
216 p – 2004 – Editions du Seuil































