close
Les vendeuses ambulantes à Hanoï

Les vendeuses ambulantes à Hanoï

2017-10-15318Views
hanoi-vendeuses-ambulantes-hanoï-loes-heering

Qui se balade à Hanoï tombe en pâmoison devant cette image un peu surannée des vendeuses ambulantes. Hanoï – en vietnamien Hà Nội,  « la ville au-delà du fleuve »  Hán tự  河内) – sur les rives de la rivière Rouge, est l’une des capitales les plus anciennes du monde. Hanoï fut fondée par le roi Ly Thai To en 1010. Un dragon doré y aurait été vu, d’où son nom le plus célèbre : Thang Long, « le dragon qui s’envole ». Elle devint la capitale de l’Indochine française de 1902 à 1953, puis celle de la République démocratique du Viêt Nam de 1954 à 1976, et enfin de la République socialiste du Viêt Nam depuis cette date.

Hanoï, une ville pleine de vie

Hanoï est une ville très attachante aux multiples visages : le voyageur peut admirer des bâtiments coloniaux aux murs jaunes et les fenêtres vertes bien conservés, 1600 magnifiques villas françaises et leurs arbres centenaires, plus de 600 temples et pagodes anciennes, visiter des musées uniques dans le centre-ville, musarder dans des quartiers traditionnels ou s’ébahir devant de hauts-buildings. Cette métropole au passé français et colonial est également connue pour sa délicieuse cuisine, sa vie nocturne animée, et pour sa communauté multiculturelle aux influences chinoises, françaises et russes.

Hanoi-Marché-1900
Vue du marché de Hanoï vers 1900, photo extraite d’une revue française nommée « Revue illustrée », (tome relié de 1902)

Sa population est estimée à plus de sept millions d’habitants et ça se voit ! Savez-vous ce qui choque tout visiteur ? Le bruit omniprésent, c’est étourdissant ! Ce tintamarre me rappelle un peu le Caire. Klaxons impétueux, vendeurs, musique …. difficile d’avoir du calme… C’est ahurissant ! Et en même temps, sa superbe campagne tranquille est à une courte distance en voiture…Les Vietnamiens ne sont pas de grand fan de la marche à pieds : pour eux, il est inconcevable d’aller faire une course à pieds à plus de 100 mètres de chez eux ! Dites que la marche est un plaisir, et vous passerez pour une personne bien étrange ! Alors, vous comprendrez aisément que les bouchons parisiens sont de la roupie de sansonnet à côté de la circulation à Hanoï mais aussi dans les autres villes vietnamiennes ..

hanoi-circulation
Rue animée d’Hanoï ©PLK

Ici, le flot des voitures est si compact, des camionnettes et bus, les vélomoteurs, scooters, cyclo-pousses et autres deux roues sont agglutinés, à la recherche du moindre centimètres carré de libres .. Les conducteurs n’ont que faire des signalisations pour qui elles ne sont pas leurs principales priorités : chacun y va de son besoin.. ce qui rend la rue très dangereuse. Traverser est un exploit qu’il faut tenter avec courage et sans crainte.. « N’hésitez surtout pas nous  » disait notre charmante guide « ils vous éviterons ».. Et figurez-vous que ça marche ! Lorsque vous êtes au milieu de la route et que la circulation part dans tout les sens, les voitures ou motos vous frôlent mais cela passe… Il n’empêche que je me retenais de ne pas crier « Yeah ! j’y suis arrivée  » lorsque je posais mon pieds sur le trottoir d’en face, sans anicroche !

rue-hanoi-vietnam

Sur les trottoirs, ce n’est guère mieux : ils sont encombrés, les gens y vivent et y travaillent, cuisinent, réparent, coupent les cheveux.. leur vie quotidienne se déroule sous nos yeux.. assis sur de petits tabourets tout le long des trottoirs, ils discutent, fument, boivent un verre, jouent aux cartes… et c’est sans compter sur les vélomoteurs ou scooters qui y roulent ! 

Les vendredis et samedis soirs, plusieurs rues sont fermées à la circulation et deviennent piétonnes. Ce doit être magique de se balader autour du lac de l’épée, dans le calme… Nous y retournerons.

Les vendeuses ambulantes à Hanoï

Alors dans tout ce tintamarre et concerts de klaxons, une magnifique image surprend autant qu’elle ravit : les vendeuses ambulantes à vélo ou pieds, palanche sur l’épaule, chapeau conique sur la tête, parfois pieds nus. Elles vous obligent à un arrêt sur image, elles apportent une certaine quiétude au milieu de tout ce brouhaha et ce tumulte frénétique. Je fus assez surprise d’en rencontrer autant, parce que je m’imaginais – avec mes sabots dondaine.. – que c’était aujourd’hui, une image d’Épinal ! Quel contraste saisissant entre les voitures et ce mode de commerce traditionnel !

hanoï-vietnam-vendeuse-ambulante-de-rue
vendeuse ambulante aux fleurs dans la quartier des 36 corporations ©PLK

Le commerce ambulant existe depuis des centaines d’années et il est devenu peu à peu une caractéristique de Hanoï. Les vendeuses ambulantes sont quasiment toutes des femmes. Elles viennent pour la plupart, des campagnes afin de vendre leurs fleurs, fruits, légumes, vêtements voire des collations. Nous en avons même vu une qui vendaient des pinces à cheveux, une autre des vases de chine.. leurs vélos transformés en boutiques mobiles. Les cris et chants des vendeurs ambulants animent, mais avec ce bruit ambiant, nous ne les avons jamais entendus.

vietnam-hanoï-vendeuse-ambulante--de-rue
Porteuse de palanche dans la quartier des 36 corporations ©PLK

Les vendeuses ambulantes inspiraient déjà en 1930

Déjà en 1930, ces scènes de rue inspiraient les élèves de l’école des Beaux-Arts de l’Indochine. A la bibliothèque de l’EFEO de Paris, se trouve un bel ouvrage, – exemplaire unique, d’une vingtaine de planches recto verso intitulées « les marchands ambulants et les cris de la rue à Hanoi« . Une vingtaine de planches recto verso ont été réalisées par les élèves de l’école des Beaux Arts de l’Indochine, avec F de Fénis, en 1929.

hanoi-vendeur-de-rue-EFEO

hanoi-vendeuses-ambulantes-à-hanoï-efeo

hanoi-vendeurs-ambulants-EFEO

Ces dessins sont absolument extraordinaires de finesse et de délicatesse. Certaines ont été réédités dans un ouvrage plus récent paru en 1980. Une idée de cadeau de Noël ? Hummm comme j’aimerai !

Loes Heering et les vendeuses ambulantes de Hanoï

Loes Heering et les vendeuses ambulantes de Hanoï

Les prendre en photographie est difficile à cause du trafic. Certains se prêtent au jeu mais cela reste pas facile. Loes Heerink a vécu plusieurs années au Vietnam. Elle aussi fut fasciné par ces vélos transformés en boutiques très chatoyantes et souvent odorantes. Elle aussi se demandait comment leur rendre hommage en beauté. Elle a trouvé l’inspiration :  saisir leurs images d’un pont. Et des ponts, à Hanoï, il y en a beaucoup ! Mais la photographe raconte que ce ne fut pas si facile : elle dut s’armer de patience et parfois faire le pieds de grue pendant des heures avant de shooter un seul cliché. elle a décidé de créer le projet « Vendors from Above » qui pourrait devenir un livre.

hanoi-vendeuse-ambulante
©Loes Heerink -Vendors of Vietnam
vendeuses-ambulantes-loes-heering-photographer
©Loes Heerink – Vendors of Vietnam

Ces photographies sont superbes. Pour en voir plus, RDV sur son site ou suivez son instagram.

Travaillant dehors, ces vendeuses ambulantes, ces colporteurs à vélo et leurs marchandises sont exposés au soleil chaud, aux fortes pluies. Cependant, la pire crainte des vendeurs de rue n’est pas leurs pairs même si la concurrence est rude ou leur nature. Non, ce sont les autorités. En 2007, le gouvernement vietnamien a promulgué un décret stipulant que la vente dans la rue était autorisée à condition que les vendeurs respectent certaines règles, telles que le blocage des trottoirs ou des routes. Plus récemment, Hanoï a nettoyé ses trottoirs, disant qu’ils ne sont que pour les piétons et non pour un usage privé. Persistant jusqu’à aujourd’hui, le commerce ambulant nous évoque de beaux souvenirs inoubliables de Hanoï, mais probablement qu’il est amené à disparaître.

SourcesLes cris de la rue à Hanoï de  la belle indochine 

PLK

PLK

Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

Leave a Response