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Joyeuse fête à toutes les mères

Joyeuse fête à toutes les mères

2017-05-28CauseDesEnfantsPsychologie767Views5Comments
fête des mères

Fête à toutes les mères ou de toutes les mères ? Dans tous les cas, un Jour où nous honorons les mères ! Une mère reste une icône intouchable. Est-ce que le mythe rejoint réellement la réalité ? Est-il possible de ne pas aimer sa mère et de dire « Je n’aime pas ma mère»

La mère, une déesse archaïque 

Pour le tout-petit, la mère est toute puissante, elle est son repère, elle comble tous ses besoins. Cependant, nous avons presque  tous l’impression de ne pas avoir été assez aimé ou pas de la bonne manière par notre maman, notre héroïne archaïque. Lorsqu’on prête attention aux plaintes des unes et des uns, la relation avec la mère est souvent au centre des jérémiades et est souvent placée en fautive de tous les maux. 

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John William Godward, peintre anglais, de la fin de la période pré-raphaélite et néo-classique

Qu’est ce qu’une bonne mère ?

La plus grande inquiétude d’une maman ! Il existe une foultitude de style de mère : la mère poule, la mère-parfaite, la mère-copine qui partage tout, la mère-complice, la mère-gavante, l’amie, l’esclave, la mère-vampire, la mère-à-bout-de-nerfs, la mère-épuisée, la mère-narcissique dont l’enfant est un prolongement, la mère-juive. Et la mère parfaite qui  n’existe pas, et tant mieux.

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Robert Ducan, peintre américain

Donald Winnicott, célèbre psychanalyste et pédiatre américain précise que seule une mère « suffisamment bonne », permettra à son enfant à devenir adulte (1) : elle frustrera autant qu’elle satisfera les désirs de son enfant. Ainsi elle lui apprendra que la vie est belle et que cela dépend aussi de lui, d’où le besoin de se rendre autonome. Une mère suffisamment bonne peut se séparer de son enfant, mène sa vie de femme                                                  

J’ai lu beaucoup  pour ne pas être source de faux-pas qui engagerait le devenir de nos enfants, pour adopter la bonne distance, la bonne attitude éducative, leur offrir la diversité d’expériences constructives pour les faire grandir. J’ai aussi veillé à laisser une place à leur père. J’ai aussi toujours eu présent à mon esprit de ne pas aimer mes enfant pour moi-même, mais bien pour ce qu’ils sont. Je suis une mère-parfaitement-imparfaite. 

« Cessez de vous préoccuper d’être une bonne mère ou un bon père, soyez plutôt attentifs aux besoins de vos enfants » conseille  Isabelle Filliozat.

Qu’est-ce que le puérocentrisme ?

Cette notion place l’enfant au centre des préoccupations de la mère qui de fait, doit tout à son/ses enfant(s); elle doit sacrifier sa carrière, sa féminité, sa vie de femme. Les mères se sentent tiraillées entre leur devoir et leur carrière. Elles tanguent entre être une mère et être une femme indépendante.

Petite digression : se pose-t-on la question de savoir si un père qui travaille est un bon père ?

Je suis persuadée qu’être soi-même, être heureuse dans ses deux fonctions rend les enfants heureux au cœur du système établi. La culpabilité n’a jamais fait que des dégâts. Je suis sure aussi qu’une mère gaie, épanouie est préférable à des bons petits plats, et une maison parfaite. Cela dit, les deux sont possibles aussi. Chaque femme doit décider en son âme et conscience de ce qu’elle doit faire : travailler ou rester à son foyer. Lorsque la décision est prise, il ne faut pas avoir de regret. Mais ce n’est pas si simple, il existe des faux choix…

J’ai choisi de travailler, j’ai assumé ce choix au mieux pour mes enfants et pour moi, pour mon couple.

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Laurie Blanck                               

Aimer sa mère : une dette originelle

Tous les enfants aiment leurs parents et n’ont nul besoin d’un commandement pour leur dire de le faire. C’est en devenant adulte que les choses changent. Les sociologues et les psychologues parlent d’une « dette originelle », et de son pendant, la culpabilité, qui dure toute la vie et nous enchaîne à celle qui nous l’a donnée. Alice Miller explique que l’adulte qui fut enfant maltraité, abusé, mal-aimé.. ne peut accepter cet état de fait et ses sentiments négatifs et c’est pour cela qu’il reproduit les mêmes comportements avec ses propres enfants.

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Pablo Picasso

L’amour d’une mère est indispensable 

L’amour maternel, la notion de bonne ou mauvaise mère sont des concepts modernes. En effet, jusqu’au XIXème, cette notion était inconnue. Les enfants étaient élevés par des nourrices, par la famille, par la société. On ne s’y attachait pas à cause de la grande mortalité infantile.

Le lien mère-enfant est une nécessité ou en tout cas, avec une personne qui en fera office : nous avons presque tous en mémoire les images des orphelinats roumains de l’horrible époque Ceaucescu, de ces enfants hagards, au regard vide et que l’on ne parvenait pas à accrocher. Ces enfants étaient élevés dans un isolement quasi total. Des scanners ont montré une atrophie du lobe préfrontal et du cerveau limbique, responsable des émotions. Que de dégâts ! Et les enfants et Frédéric II de Hohenstaufen ? Cestui-là qui souhaitait découvrir la langue des anges ? J’ai évoqué les dégâts dans  une ancienne chronique La langue des anges

La relation avec sa mère lorsque nous sommes adultes, doit parfois se construire, se reconstruire. Dans une relation, nous sommes deux, ce qui implique que l’un n’est pas plus en cause que l’autre. Tout parent est un apprenti qui fait avec ce que lui-même a vécu, vit. Comme dans toutes relations, les difficultés existent. A chacun de mettre de l’eau dans son vin, de l’amour dans ses actes, des limites aussi parce que la fonction de mère n’implique pas abus de pouvoir.

Je suis triste pour ceux qui n’aime pas/plus leur mère et ceux qui hélas n’en plus parce qu’elle est partie rejoindre les étoiles.

 Si jeune que l’on soit, le jour où l’on perd sa mère, on devient vieux tout à coup.» Alexandre Dumas fils, Demi-monde.

Je souhaite  une joyeuse fête à vos mères. Pour moi, c’est la fête de mes enfants qui me ravissent d’être mère.

Sources : La Mère suffisamment bonne – Winnicot”, 2006 – Maryse Vaillant,  psychologue : Être mère : mission impossible ? 

PLK

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Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

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