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Finis ton livre

Finis ton livre

2017-09-02LireVoltaireWoodyAllen786Views5Comments
finis ton livre

Êtes-vous ce genre de lecteur qui obéit au diktat «  Finis ton livre  » ? Une amie me disait que lorsqu’elle n’accroche pas avec un livre – donc un auteur-, elle repose l’ouvrage, un point c’est tout ! Chose que je ne pratique pas. Je finis le livre.. J’obéis à l’injonction un peu de l’espèce « finis son assiette».. Je suis optimiste et je me dis que peut être, au fil des pages, je vais trouver matière à me nourrir, je songe à l’auteur qui s’est donné le mal de coucher sur le papier ses mots, j’ai peur de le blesser. Certes, je triche, je saute des lignes,  des paragraphes, des chapitres .. mais je vais jusqu’au mot fin. Il m’est déjà arrivé de n’être séduite par le livre qu’à la fin.. et de le reprendre le début avec bonheur. « Les dames de Rome » de F. Chandernagor fut de ceux-là.  

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Edward-Hopper « Compartment C, Car 293 », 1938. Huile sur toile.

Je ne suis pas masochiste et je ne me rendrais pas prisonnière des Mémoires de Rihanna ou .. Non, je ne me tends pas de piège de la sorte. Je choisis mes lectures avec soin. J’essaie de ne pas commencer de livres à risque de me déplaire. Même si 6 minutes de lecture suffisent pour être heureux !

J’avoue et je m’absous d’avoir fait  l’impasse sur les descriptions «trop longues» de Balzac bien qu’ elles soient pourtant une de ses «marques». Zola m’a beaucoup ennuyé avec l’assomoir – titre prédestiné – et Nana… Je ne parviens pas à entrer dans cet univers.  Donc je n’y mets plus le marque-page.

Souvenons- nous de ce que Woody Allen disant : « J’ai lu tout Guerre et Paix en 10 minutes … ça se passe en Russie..  Je n’en ai  sauté aucune ligne. »

Lire n’est pas une obligation, mais un plaisir. Pour lire un écrivain, il faut l’aimer, aimer sa syntaxe, sa verve, son style à raconter l’histoire, sa capacité à faire naître chez le lecteur des images, de la réflexion, des émotions, des sentiments. Certains auteurs ou livres demandent un temps d’adaptation, une période d’acclimatation, une sorte d’apprivoisement. Tout dépend de ce que l’on en attend. Parfois, nous sommes piégés par une quatrième de couverture, un encart dans un magazine, un classement de lecteurs ou libraires, un conseil d’amis.

Le livre qui tombe des mains peut parfois souffrir d’être lu au mauvais moment de sa vie

  femme-qui-dort-dans-un-livre-ouvert

La maturité du lecteur se jauge -t-elle à ce qu’il ne se culpabilise plus de n’avoir pas lu tel ou tel livre, ou cet auteur qu’il-faut-avoir-lu ?

Un livre doit posséder certains ingrédients essentiels qui font qu’un écrivain est un écrivain. Les autres ne sont que des « écrivants » disait Voltaire. Les succès de librairie sont parfois surfaits. Ils sont émulsionnés, montés en épingle par la publicité qui nous conditionne grâce au bon vieux réflexe pavlovien. Nous achetons alors un produit et non un livre. Un livre qui restera sur son rayonnage. Les succès de librairie ne récompensent pas toujours le talent. 

Je songe à un livre qui m’est tombé des mains : je l’ai tout de même rattrapé et ce, plusieurs fois. J’ai eu beaucoup, beaucoup de mal à le finir.  Les Yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol. Quelle épreuve.

Et vous, dites-moi, quel livre vous est tombé des mains ? Je suis très impatiente de le savoir. Faites-moi ce petit plaisir, prenez le temps de m’écrire un mot ?

PLK

PLK

Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

5 Comments

  1. Bonjour, je n’ai pas votre patience. Si après deux chapitres je ne suis aps dans le livre, je stoppe !
    le livre qui me tombe des mains – à part Zola – est Léon l’Africain (Amin Maalouf).

  2. Il y a des voleurs de temps qui tel Chronos vous dévorent entièrement, donc j’ai décidé de ne pas les nourrir ; non Mais ! Autrement dit, quand un livre me déplait, j’arrête de gaspiller mon précieux temps.
    La grande mode du moment et dont je me méfie c’est les titres à rallonge comme avec ce fakir enfermé dans une armoire IKEA, c’est quoi ce truc !? Une crypto pub ?
    Pour les yeux jaunes…, j’ai lu 2/3 pages dans la librairie et je l’ai reposé fissa.
    Mon pire souvenir, c’est une histoire de gigot au four autour duquel la cuisinière inventait plein de vies : Absurdité et tremblements (de colère) d’avoir dépensé de l’argent pour un texte si indigeste qui a fini à la poubelle.
    En fait j’ai fait miens ces 10 commandements au lecteur :
    1. Le droit de ne pas lire.
    2. Le droit de sauter des pages.
    3. Le droit de ne pas finir un livre.
    4. Le droit de relire.
    5. Le droit de lire n’importe quoi.
    6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
    7. Le droit de lire n’importe où
    8. Le droit de grappiller.
    9. Le droit de lire à haute voix.
    10. Le droit de nous taire.
    Daniel Pennac « Comme un roman »

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