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Béatrice Uria Monzon chante Maria Callas

Béatrice Uria Monzon chante Maria Callas

2018-02-16MariaCallasOpéra336Views
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«Une voix rare, une présence renversante, une puissance tragique, une force de conviction ardente…» C’est ainsi qu’Alain Duault raconte la diva dans son livre intitulé « Dans la peau de Maria Callas», un livre pour rendre hommage à la célébrissime Maria à l’occasion du 40e anniversaire de sa disparition. Être La Callas ? Fanny Ardant, Marie Laforêt, Meryl Streep en ont eu l’audace dans la pièce de théâtre « Master class » de Térence Mc Nally. Le challenge de Béatrice Uria Monzon est de taille, je suis impatiente d’écouter accompagnée parFrançois Chaplin.  Chanter le rôle de Violetta de La Traviata et sentir  le fantôme de Maria Callas vous frôler…

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La Callas, Une vie, un destin par Alain Duault

Alain Duault, entre sur la scène très très sobre : un piano au centre, côté cour et jardin une table et fauteuil. J’apprécie beaucoup Alain Duault, sans doute l’un des meilleurs connaisseurs de l’opéra en France. D’ailleurs, nous avons un point commun : nous fêtons notre anniversaire le même jour. Il raconte bien, sa voix est très chaleureuse et j’aime écouter des histoires. Il manie la langue française avec art et une pointe d’humour. J’écoute souvent son émission Duault classique où il nous fait vraiment rencontrer des chefs d’orchestre, cantatrices, musicien, compositeur.. avec passion et celle du dimanche, entre 13 h 30 et 14 heures, « L’Invité classique d’Alain Duault ». Dans la même veine, je me régale avec Eve Ruggieri chaque matin ou en podcast de radio classique. J’aime écouter des histoires. Il est également l’organisateur des croisières musicales de la Compagnie du Ponant, en partenariat avec Radio Classique dont je rêve.

D’emblée, il plante le décor de la naissance aux États-Unis en 1923 de la petite Cécilia, Sophia, Anna, Maria qui deviendra la Callas… Alain raconte avec passion, Béatrice chante.. En un soir, elle sera à la fois Violetta, Carmen, Manon Lescault, Tosca, Norma…

Giacomo Puccini : Vissi d’arte, (Tosca)
Amilcare Ponchielli : Suicidio, (La Gioconda)
Giuseppe Verdi : Pace, pace, mio Dio, (La Force du Destin)
Vincenzo Bellini : Casta Diva, (Norma)
Pietro Mascagni : Voi lo sapete, (Cavalleria Rusticana)
Giuseppe Verdi : Addio del passato, (Traviata)
Giuseppe Verdi : Vieni t’affretta, (Macbeth)
Georges Bizet : Habanera, (Carmen)
Giacomo Puccini : Sola, perduta, abbandonata, (Manon Lescaut)

Maria Callas était une soprano, Béatrice Uria Monzon est une mezzo soprano. Mais il est courant que les chanteuses mezzo se lancent dans le répertoire des soprano.

Madame Uria-Monzon n’est pas la Callas, évidemment. Cependant, elle en a l’élégance et la sobre gestuelle.  Sa diction – à laquelle il fut longtemps reproché d’être épaisse – est très fluide. J’ai admiré l’extension vers l’aigu  sans compromis.

Béatrice Uria Monzon excelle dans la peau de la bohémienne andalouse cigarière, un opéra qu’elle a joué plus de trois cents fois. Tosca, Lady Macbeth – j’ai adoré -, Santuzza dans Cavelleria Rusticana appartiennent déjà à son répertoire scénique.

Certes, cette soirée est destinée à un large public. On n’y apprend rien ou peu de choses. Néanmoins, on ne voit pas le temps passer. Ce fut une belle soirée, très agréable. Merci à qui de droit.

Qui a  remplacé Callas ?

La Callas demeure l’alpha et l’oméga du chant. Elle est irremplaçable, sans aucun doute ! On a dit que Maria Callas chantait comme si elle avait trois voix : un violoncelle, un violon et une flûte. D’une étendue de trois octaves, son chant passait du grave le plus profond à l’aigu le plus fluet qui l’autorise à prétendre au titre de « soprano sfogato » (soprano sans limite). ressuscitant en cela les divas du XIX éme, Maria Malibran et sa soeur  Pauline Viardot, Isabella Colbran, Giuditta Pasta… Bourreau de travail et de volonté,  relevant des nouveaux défis avec enthousiasme, sa vie fut un véritable roman, sans doute dramatique.  La Divina est devenue une légende. 

Alors qui ? Anna Netrebko  soprano autrichienne d’origine russe avec sa voix de grande ampleur, son timbre riche, son côté « glamour », ses talents de comédienne ? À 45 ans, Anna Netrebko est devenue une des plus grande star féminine du monde lyrique. J’apprécie beaucoup cette cantatrice au grand cœur.

La soprano allemande Anja Harteros ?

La belle, distinguée et élégante bulgaro-italienne Raina Kabaivanska- 1934 – qui a chanté avec les plus grands noms de l’époque et endossé toutes les grands figures ? Le rôle de Tosca reste un des fleurons de ses triomphes. Il est immortalisé dans le film de Gianfranco de Bosio, tourné en 1976. Mais, même si elle fut une très grande, elle n’a pas la postérité de la Callas.

Ou la volcanique Leyla Gencer – 1928-2008- dont l’aura a souffert du statut de légende vivante de sa rivale Maria Callas ?  Une rivalité entretenue surtout par les partisans de la Grecque et de la Turque ! Comble de malchance pourLeyla, Renata Tebaldi (1922-2004), s’interposa entre elle et Callas. Elle n’a fait aucun enregistrement en studio mais de nombreux « live »  sont parus ce qui lui a valu le surnom de « la fiancée des pirates ».  Leyla est passée, Maria reste !

En fait, elle n’a pas d’héritière comme le souligne Alain Duault. La Callas restera le plus grand mythe

Maria Callas aura été adulée, elle aura rencontré les plus illustres figures de son époque – Elisabeth II, Churchill, Rainier de Monaco et Grace, Salvador Dali… , invitée dans des endroits majestueux, participé à des fêtes somptueuses arrosées de champagne. Elle a été adulée, et l’est encore. Elle mourra dans l’indifférence. Trois lignes sur un communiqué de l’AFP. Elle avait 53 ans.

 

PLK

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Apprentie-sage, à la fois frivole et mystique, lègère et spirituelle , gourmande et orthorexique, férue de nutrition, en recherche de sagesse

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